Archive pour avril, 2007

Légendes de pays: Brocéliande

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Les fontaines enchantées : celle de Barenton paraît la plus connue. Située en Brocéliande, elle “bout tout en restant froide” ; mieux, on la dit “fontaine qui fait pleuvoir”. En versant de l’eau sur la margelle, on déclencherait de gros orages ; encore faut-il posséder le tour de main magique !

“le Barbe-Bleue breton”.

l’épouvantable histoire d’un seigneur aussi puissant que violent, Conomor (ou Comorre), dit “le Barbe-Bleue breton”. De fait, sous le coup d’une prophétie qui le menaçait d’être tué par son fils, il assassina de sa main six épouses, sitôt qu’elles attendirent un enfant. Vers 550 pense-t-on, il demanda à Warock, comte de Vannes, la main de sa fille Tréphine. Afin d’éviter une guerre, le père la lui accorda et Saint Gildas bénit l’union. Sitôt que Conomor surprit sa jeune femme brodant une layette, il pensa l’égorger ; elle parvint à fuir. Le terrible mari la rattrapa sur les landes de Lanvaux et lui trancha la tête. Averti dans son ermitage de Bieuzy, Gildas accourut du bord du Blavet et ressuscita sa protégée qui donna bientôt naissance à un garçon, Trémeur. Élevé au monastère de Rhuys, l’enfant eut un jour le malheur de rencontrer son père qui le décapita sans délai. Les chevaliers du comte de Vannes réussirent enfin à éliminer l’effroyable bourreau.

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Quatre jeunes filles ayant fauté avec leurs amants ont été pétrifiées au bord de la Rance sur le lieu de leurs amours.

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Esprits de la forêt, les elfes vivent toujours en forêt de Huelgoat, l’un des derniers lieux avec Brocéliande où vivent les mythes anciens.

Azenor, Dame Blanche

À l’autre bout de la Bretagne, Azénor, fille d’Éven, comte de Léon, et sitôt mariée au comte de Goëlo, fut si calomniée par sa marâtre que son époux la crut adultère. Il la ramena à son père qui, ulcéré, l’enferma dans la tour précédant l’actuelle, et la condamna au bûcher. Preuve de son innocence, le bois refusa de s’enflammer, mais l’affront était tel qu’on la jetta à la mer, enfermée dans un tonneau. Protégée par un ange, la jeune femme erra quelques mois sur les eaux avant d’aborder en Irlande, où elle donna naissance à un fils, Budoc. Adulte, il se fit moine, s’embarqua pour la Bretagne sur une auge de pierre et accosta à Porspoder, d’où il évangélisa le Bas-Léon. On assure qu’après des années de prédication, il fut appelé à Dol et nommé évêque.

Les spectres hantent bien des endroits : une dame blanche erre dans le parc du château de Trécesson, en Campénéac, à la suite d’un meutre atroce. Vers 175O, un braconnier de la forêt de Paimpont observa de nuit des hommes qui brutalisaient une jeune inconnue en robe blanche. Elle les suppliait de l’épargner, ils l’enterrèrent vivante.
Force est d’arrêter un récit qui ne saurait avoir de fin. À chacun de suivre le chemin de Bretagne, guidé par la légende, et, l’esprit allégé des certitudes commodes, d’y découvrir la nature..

Un dernier conseil avant le départ : à l’approche de tout lieu humide, pire d’une tourbière, évitez de piétiner “l’herbe d’oubli”. Aussi fréquente que peu visible, cette fougère rampante vous égarerait longuement, à moins de parvenir à retourner sinon sa veste, du moins les poches. Oui, la féerie nous suit ici comme une ombre.

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Le château de Trécesson en forêt de Brocéliande où le fantôme de la Dame Blanche, une jeune mariée assassinée, hante la tour.

Brocéliande

La forêt de Paimpont ou forêt de Brocéliande est située dans le département de l’Ille-et-Vilaine en Bretagne à environ 30 km au sud-ouest de Rennes.

Paimpont est un village d’environ 1 400 habitants bâti au bord d’un vaste étang situé au centre de la forêt, domaine privilégié des légendes celtiques. Les 7000 hectares de bois qui entourent Paimpont sont les restes d’une futaie plus dense et beaucoup plus étendue dans laquelle se déroulèrent maints épisodes des Romans de la Table Ronde et de la légende arthurienne. On l’appelait Brécilien au XIIème siècle; on la désigne en Breton sous le nom de Brec’helean. Cette désignation s’est trouvée renforcée par la naissance du Pays de Brocéliande à la fin du XXe siècle, institution destinée à faciliter le développement des communes de l’ouest du département. C’est une forêt de feuillus, chênes et hêtres principalement, avec des peuplements de résineux soit en inclusion après des coupes à blanc soit sur la périphérie comme transition avec la lande, par exemple vers l’ouest dans le secteur de Tréhorenteuc et du Val sans Retour ravagé par plusieurs incendies en particulier en 1976, année de grande sécheresse. Elle occupe principalement le territoire de la commune de Paimpont, mais s’étend sur des communes limitrophes, principalement Guer et Beignon au sud, Saint-Péran au nord-est et Concoret au nord.

 Le miroir aux fées

Le miroir aux fées

 Géographie

La relative altitude du massif forestier contribue à lui donner un climat proche du climat océanique des côtes du Finistère. Ce régime où dominent les vents d’ouest et de sud-ouest porteurs de nuages et de précipitations régulières favorisent la végétation, le surplus d’humidité alimentant les nombreux ruisseaux occupant les fonds de vallons avant d’aboutir dans la rivière de l’Aff puis la Vilaine aux environs de Redon au sud du département.

Du point culminant situé à 256 m dans la partie occidentale appelée Haute forêt, l’altitude diminue régulièrement en offrant des points de vue vers le département du Morbihan, points de vue dont on retrouve les équivalents au nord sur la commune de Mauron, porte des Côtes-d’Armor.

C’est non loin de là que dominant l’étang du Chatenay a été construite en 1966 et 1967 la Station Biologique de Paimpont relevant de l’université de Rennes I. En bordure de la route conduisant de Paimpont à Campénéac, on remarque le restaurant panoramique. La forêt et ses milieux variés constituent un cadre propice à de nombreux stages auxquels participent les étudiants rennais en biologie ainsi que de nombreux étudiants et chercheurs étrangers, les bâtiments permettant d’accueillir environ soixante-dix personnes. Des chercheurs travaillent toute l’année sur des sujets généralement très éloignés du biotope local tels que le comportement des primates, représentés par des cercopithèques aux cris familiers pour le voisinage mais surprenant le promeneur peu habitué à cette faune exubérante. Les premiers chercheurs ont longuement étudié l’écologie des landes armoricaines, les sols, l’hydrologie.

Propriété

La forêt appartient principalement à quelques propriétaires qui l’entretiennent et l’exploitent pour le bois et pour la chasse ; seule dans la partie nord-est, une petite partie (10 %) est domaniale et gérée par l’Office national des forêts.

Cette situation empêche une libre circulation dans la forêt même aux abords du bourg et de son étang. Les propriétaires ont cependant signé une convention autorisant du 1er avril à la fin du mois de septembre la fréquentation de sentiers de randonnée empruntant certaines lignes ou sentiers de la forêt.

 Règlementation

Parmi les attributions des gardes-forestiers, figurent la surveillance des comportements répréhensibles au premier rang desquels figure la création de feux, mais aussi la circulation ou divagation de chiens, comme directement nuisibles au gibier. La cueillette des champignons sans être absolument interdite, ne peut guère être plus qu’un agrément supplémentaire de la promenade elle-même localement tolérée.

Par son importance avant la Révolution française, la forêt était le ressort d’une juridiction royale appelée maîtrise des eaux et forêts, les juridictions seigneuriales traditionnelles ne s’occupant pas de la gestion forestière. Le bois étant exploité le plus complètement possible pour l’alimentation des hauts fourneaux en charbon de bois au moins aux XVIIe et XVIIIe siècles, l’affectation des arbres de premier choix à la marine a été un rôle marginal.

Extrait des archives du tribunal correctionnel de Montfort : « Étant parti des forges de Paimpont lundi matin, il passa par l’atelier des charpentiers qui est éloigné des forges au milieu de la forêt, il y but avec Julien Auffray son cousin et chef d’attelier des charpentiers. » (« maître d’attelier des charpentiers et scillieurs de long des bois pour la marinne » ailleurs). Interrogatoire Auffray, 1826.

Lieux à visiter

Il se visite dans la forêt de Paimpont un certain nombre de monuments et de curiosités légendaires, dont voici une liste non-exhaustive. « L’histoire a sa vérité, la légende a la sienne. » Victor Hugo (Quatrevingt-treize).

  • Paimpont et ses environs

Façade de l'Abbaye de Paimpont

Façade de l’Abbaye de Paimpont

Paimpont est un village d’environ 1 400 habitants situé au centre de la forêt. Située au bord du lac de Paimpont, son abbaye fut construite au XIIIe siècle sur l’emplacement d’un prieuré fondé en 645 par Judicaël, roi de Domnonée. C’était à l’origine un monastère bénédictin, mais elle fut dès le XIIIème siècle habitée par des chanoines jusqu’à la Révolution.

De style gothique médiéval (les murs, les ouvertures, le baptistère et la chapelle du St-Sacrement, la voûte), l’abbatiale présente un décor intérieur (chaire, statues, autels-retables) de style baroque du XVIIe siècle. La sacristie contient le trésor de l’abbatiale composé d’un Christ en ivoire (XVIIe), d’un reliquaire (XVe) offert par la duchesse Marguerite de Bretagne, mère de Anne de Bretagne, qui contiendrait un radius de St Judicaël.

Un peu plus loin se trouve l’étang du Pas du Houx, au nord-est de Paimpont. Avec ses 80 hectares, il est le plus grand étang de la forêt de Paimpont, riche en faunes et flores aquatiques. Sur ses rives se font face le château de Brocéliande et le château du Pas du Houx, construits au début du XXe siècle.

  • Les forges de Paimpont

Les forges de Paimpont sont situées au sud de la forêt, près d’un lieu légendaire nommé « Pont de Secret ». Elles furent créées en 1653 par Jacques de Farcy et François d’Andigné après avoir acquis une partie du fief de Brécilien. Vers 1800, elles fabriquent en moyenne, avec la méthode wallonne, 500 tonnes de fonte et 360 tonnes de fer. Autour de 1820, afin de lutter contre la concurrence étrangère, les forges de Paimpont entament une phase d’agrandissement et de modernisation. Ce tournant technologique se matérialise, en 1831, par la construction d’un laminoir à quatre fourneaux à réverbère, trois paires de cylindres et un atelier de moulerie avec deux fours à réverbère. Alors que l’établissement connaît son apogée durant les années 1850-1860, où la production triple, le déclin se fait rapidement sentir. Les hauts fourneaux sont éteints en 1866. L’activité reprend de 1872 à 1884. En 1873, M. Lévêque, armateur nantais, achète l’usine dont les descendants sont les actuels propriétaires. Seul subsistera jusqu’en 1954 un atelier de construction mécanique. Les forges de Paimpont comptaient parmi les plus importantes et les plus réputées de Bretagne, concurrençant les meilleurs fers de Suède ou d’Espagne par leur qualité. De cette époque industrieuse subsistent le village des Forges, le château des maîtres des Forges et une chapelle.

  • Le château de Comper

Le château de Comper se situe au nord de la forêt de Paimpont, à trois kilomètres à l’est du bourg de Concoret. Le mot Comper viendrait comme Quimper de Kemper qui signifie « confluent ». Effectivement, le site est extrêmement lié à l’eau puisqu’il est entouré par une série d’étangs. Comper aurait appartenu à Salomon, roi de Bretagne (IXe siècle) mais le château n’entre véritablement dans l’histoire qu’avec les barons de Gaël-Montfort, dont le premier a été Raoul, compagnon de Guillaume le Conquérant avec lequel il a combattu à Hastings. Dès le XIIIe siècle, Comper est considéré comme l’une des plus fortes positions de Haute Bretagne. Il a été le théâtre de nombreux combats et est est passé aux mains de plusieurs familles.

Le château, à l’origine à peu près carré, se composait de quatre tours d’angle, reliées entre elles par de hautes murailles. À la porte d’entrée : une herse et un pont-levis. Aujourd’hui, un chemin enjambe les douves asséchées par le manque de pluie et le domaine est passé de l’histoire à la légende puisque le château abrite les expositions du Centre arthurien. Le Grand Étang est associé au lac de la fée Viviane qui cache aux yeux des curieux le château de cristal construit par Merlin pour sa belle élève.

Le domaine est privé, mais l’accès à la cour et aux abords de l’étang est possible moyennant un modeste péage, un peu plus élevé si l’on désire visiter les expositions du Centre arthurien.

  • Le château de Trécesson

Le château de Trécesson

Le château de Trécesson

Le château de Trécesson fut reconstruit, dans son état actuel, au XVe siècle. Il appartenait à la famille de Trécesson illustrée par plusieurs connétables de Bretagne. Il resta dans la famille jusqu’en 1773 où il passa aux mains des Le Proste de Châteaugiron. Pendant la Terreur, le député girondin Defermon y resta caché plus d’un an. Acquis ensuite par un payeur aux armées, M. de Sivry, celui-là même qui est inhumé sous le mausolée de la chapelle Saint-Jean, il fut affecté pendant la restauration à l’École d’Agriculture du Morbihan. Il est actuellement la demeure du comte de Prunelé.

Une légende tenace dans la région se rattache au château de Trécesson, celle de « la Dame blanche de Trécesson ». Selon la légende, au XVIIIe siècle, une jeune mariée y fut enterrée vivante le matin même de son mariage et hanterait depuis le domaine.

  • Le tombeau de Merlin et la fontaine de jouvence

Au nord de la forêt se trouve le tombeau de Merlin. Ce monument est le vestige d’une allée couverte néolithique qui a été détruite en 1894, suite à des fouilles et dont il ne reste aujourd’hui plus que deux dalles de schiste rouge, perpendiculaires, adossées à un vieux houx. De nos jours, de nombreuses personnes vouent un culte à ce monument en y déposant un mot adressé à Merlin (en général un souhait qu’on désire qu’il exauce) ou un objet. Selon la légende, après l’avoir séduit Viviane emprisonna Merlin dans une prison invisible, puis l’enferma dans un tombeau : Merlin s’étant allongé dans une fosse, la fée fit rabattre sur lui deux énormes pierres.

La fontaine de jouvence est un modeste trou d’eau situé près du tombeau de Merlin. Autrefois, lorsque les croyances populaires étaient fortement liées aux rythmes des saisons et à la nature, le recensement des enfants nés pendant l’année se faisait proche des fontaines. A la date du solstice d’été (21 juin), ces enfants étaient présentés aux grands prêtres afin qu’ils puissent être lavés et inscrits sur le « marith » (registre). Les enfants qui n’avaient pu être présentés au recensement de l’année étaient ramenés l’année suivante et inscrits comme nouveaux-nés de la nouvelle année, de sorte qu’il se retrouvaient rajeunis d’un an. Ceci est peut-être à l’origine de l’appellation « fontaine de jouvence ».

  • Le chêne des Hindrés et de Guillotin

Le chêne de Guillotin

Le chêne de Guillotin

La forêt de brocéliande renferme de très vieux arbres. Le plus célèbre d’entre eux est un vieux chêne âgé d’environ 1000 ans et faisant plus de 9 mètres de circonférence : le chêne de Guillotin. Il est situé entre Concoret et Tréhorenteuc. Selon la légende, un prêtre réfractaire nommé Pierre-Paul Guillotin s’y réfugia pendant la Révolution française. Il continua à administrer sacrements et bénédictions dans la région, et rédigea un précieux journal des événements révolutionnaires.

Un autre chêne célèbre de cette forêt situé près du Tombeau de Merlin est nommé « chêne des Hindres », mesurant environ 5 mètres de circonférence.

  • La fontaine de Barenton

La fontaine de Barenton est un lieu à la fois pittoresque et modeste de brocéliande. Située à l’ouest de la forêt, près d’un lieu-dit nommé « Folle pensée », elle est assez difficile d’accès. Les légendes associées à ce lieux sont nombreuses. Donc selon la légende, c’est là que Merlin rencontra Viviane, et l’eau de cette fontaine aurait le pouvoir de guérir les maladies mentales. Mais attention, car verser cette eau sur le perron de la fontaine déclencherait un orage très violent, selon la légende…

  • Le Val sans retour

Le Val sans Retour est situé près de Tréhorenteuc, à l’ouest de Paimpont. C’est le lieu le plus réputé de la forêt. Le Val sans Retour est une vallée encaissée très contrastée par ses paysages, creusée profondément dans le schiste rouge, (c’est le minerai de fer qui donne au schiste sa couleur rouge ; ce même minerai fausse les boussoles des randonneurs). Selon la légende, Morgane la fée, demi-sœur du roi Arthur, trahie par son amant, décida de retenir prisonniers dans ce val tous les chevaliers infidèles. Seul le chevalier Lancelot, fidèle à la Reine Guenièvre, put rompre l’enchantement, échapper au sortilège et délivrer les chevaliers. On y trouve aussi le miroir aux fées, matérialisé par un lac dans lequel les fées, en y jetant un grain de blé, pouvaient lire l’avenir. Le nom de miroir lui a été donné car la forêt qui l’entourait était tellement dense que le vent n’y passait pas, rendant la surface de l’eau tout à fait immobile. Même si l’on ne croit pas au légende, on ne peut nier l’atmosphère étrange dans lequel baigne le Val sans Retour.

L'arbre d'Or

L’arbre d’Or

En septembre 1990, la forêt de Paimpont a brûlé pendant cinq jours. Après cette catastrophe, les dons ont afflué de toute la France pour financer le nettoyage et la replantation. Pour marquer cet évènement, l’artiste François Davin a créé l’Or de Brocéliande, souvent appelé « Arbre d’Or ». C’est un châtaignier doré à la feuille d’or (90 grammes d’or le recouvrent), et il est entouré de cinq arbres noirs qui symbolisent la forêt brûlée ainsi que toutes les forêts détruites par négligence ou profit. L’or symbolise l’immortalité, notamment celle de la forêt. L’Arbre d’Or est devenu la nouvelle légende de Brocéliande. L’artiste a voulu évoquer les bois d’un cerf des anciennes religions et symbolise Merlin.

L’hôtier de Viviane est situé près du Val sans Retour, un peu plus loin en s’enfonçant dans les sous-bois, à 191 mètres d’altitude. Appelé aussi « Tombeau des Druides », c’est un mégalithe datant d’environ 2500 av. JC. De nombreuses fouilles y ont été faites et ont permis la trouvaille de nombreux objets anciens comme une hache polie en dolérite, des tessons de poteries, des éléments en silex, des pointes et des bijoux rudimentaires.

La Jalousie

Qui pour soi-même voire dans son entourage n’a pas utilisé ce mot : jalousie, à l’adresse de quelqu’un ? Je tiens avant de commencer à apporter une précision. Souvent on confond jalousie et possessivité, ce sont deux concepts bien distincts. La jalousie appartient au domaine de la névrose, elle est une angoisse sur la fidélité de l’autre. La possessivité, névrose également, correspond au besoin d’appropriation de l’autre. La différence tient essentiellement dans ce que l’un est projection, la jalousie, l’autre tient plus d’une problématique à la mère récurrente dans sa relation avec autrui. Cela peut sembler difficile d’approche, mais vous le verrez il n’en est rien.

La jalousie est une angoisse

Mettons en scène un couple : un mari, une femme… Postulons un mari jaloux… Autrement dit chaque occasion est l’objet pour celui-ci d’une théatralisation d’événements… Il imagine sa femme dans d’autres bras, avec un amant… Chaque regard qui se porte sur elle donne lieu à des “scènes de jalousie” : “pourquoi il te regarde ainsi ? qu’est ce que tu lui as fait pour le provoquer ?”, les exemples ne manquent pas et je pense que chacun peut en trouver de par son propre vécu. La jalousie consiste donc à imaginer des situations, des relations, des comportements de l’être aimé avec d’autres personnes. Plus haut je parlais de “projection”, pourquoi ? Certes les propos qui vont suivre vont certainement révulser toute personne jalouse et éclairer d’une manière un peu brutale la “victime” de ces actes de jalousie…

Tout ce que le “jaloux” attribue à l’autre n’est que projection d’un propre désir inconscient. Le mari jaloux, pour reprendre notre exemple, est en fait en proie à des désirs inconscients “d’infidélite”… Ces désirs dans le cadre de la pulsion sont tout à fait fréquents et “normaux”, il ne faut pas confondre : désir et réalisation du désir (voir chapitre du même nom)… Mais cette pulsion inconsciente est insupportable… de par son mode de fonctionnement conscient, éducation, etc. Rendre conscient une telle pulsion par une forme directe apporterait une angoisse et un traumatisme où l’être en question ne pourrait “vivre avec”. La solution qui s’ouvre à lui reste donc la projection : je projète mes propres désirs inconscients sur l’autre. Finalement tout ce qui est attribué à l’autre est le reflet d’une pulsion propre à soi même.

La nature de cette projection, sa mise en scène nous donne des indications sur l’essence de la pulsion projetée. Il n’existe pas une jalousie mais des formes multiples de jalousie qui se matérialisent pour notre mari jaloux par des projections de type : infidélité de l’autre à différents degrés, du simple regard porté sur un autre au passage à l’acte en passant par de nombreux autres débordements d’imagination.

Etre deux à s’entendre

Accepter cette idée de projection n’est pas évidente. Le mari jaloux niera cet état de fait, ne peut admettre que ce soient ses propres désirs qu’il approprie à l’autre. Pourtant la démarche ne peut être que stabilisante au niveau du couple. En effet la jalousie est souvent associée au qualificatif “trop”. “Mon mari est trop jaloux, ma femme est trop jalouse, il (elle) me rend la vie impossible”. Et il n’est pas rare d’en arriver à voir des relations se dégrader voire se rompre pour de “la jalousie”.

L’autre, cible ou victime, ne doit pas comprendre dans ses lignes : “ah donc c’est toi qui désire me tromper”, ce qui aggraverait une communication déjà fragile mais plutôt entamer un dialogue. Cette pulsion est par définition inconsciente, on pourrait parler à la limite de pulsion animale que le conscient, l’être dit civilisé, exempt de tout reproche, ne peut maîtriser. Le dialogue permet la réflexion sur soi-même, certes il n’apportera pas les réponses d’un domaine inaccessible mais il permet l’apparition de la tolérance. Savoir ce qui appartient réellement à l’un ou à l’autre est indispensable. Cheminer vers “pourquoi ai-je besoin d’être jaloux ?” puis “pourquoi ai-je ces désirs que j’attribue à l’autre” permettent bien souvent d’améliorer son rapport à l’autre et souvent soulève d’autres questions qui finalement n’avaient aucun rapport avec un “désir d’infidélité”.

On ne peut “aider” quelqu’un si la demande de ne vient pas l’autre. On ne peut être aidé malgré soi. L’homme ou la femme jaloux(se) exprime une angoisse, c’est elle qu’il faut entendre et non pas les mots exprimés qui traduisent d’une manière déformée celle-ci. Car il ne faut pas s’y méprendre, être jaloux fait souffrir l’autre mais surtout celui a besoin de cette projection vers l’être qui lui est le plus cher, l’être aimé, sa raison d’être.

Eternelle histoire d’amour.

L’amour interdit de Roméo et Juliette

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 « Ma largesse, comme la mer, est sans limites,
Et mon amour aussi profond. Plus je te donne,
Plus je possède, car tous les deux sont infinis ».

la passion que Roméo et Juliette éprouvent l’un pour l’autre, et qui n’a de comparable que la haine entre leurs familles, pour nous amener à contempler le sacrifice de l’amour, la pureté et l’innocence ainsi que la douleur et la souffrance. Roméo et Juliette sont prisonniers d’un monde qui leur déchire l’âme en s’attaquant à la seule chose qui leur paraît digne de vivre. Leur mort captive les publics depuis plus de 400 ans car elle laisse planer la question  : « Et s’il en avait été autrement ? »

 L’amour tragique d’Abélard et d’Héloïse

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« Tu sais, mon très cher, tout le monde le sait, combien j’ai été éprouvée par ta perte, combien, dans cette misérable circonstance, une monstrueuse trahison, qui a fait le tour du monde, m’a ravie de moi-même en t’enlevant à moi. »
(Lettre, Héloïse à Abélard)

Le théologien et philosophe Abélard (1079–1142) devient le précepteur d’Héloïse (1101–1164), alors âgée de 17 ans. C’est l’une des histoires les plus tragiques de tous les temps. Ils s’aiment, Héloïse donne naissance à un fils et ils s’épousent. Pour se venger, la famille d’Héloïse, scandalisée, enlève à Abélard sa virilité. Désespéré, Abélard se fait moine, et Héloïse prend le voile. Ils s’écrivent des lettres d’amour dans leurs monastères respectifs. À sa mort, Héloïse est enterrée aux côtés d’Abélard. Leur histoire a tellement séduit les imaginations qu’en 1817, leur tombeau a été emmené au cimetière du Père-Lachaise et est devenu un lieu de pèlerinage pour les amants.

Napoléon et Joséphine : Un amour victime des circonstances

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« Je me réveille plein de toi. Ton portrait et le souvenir de l’enivrante soirée d’hiers  n’ont point laissé de repos à mes sens. […] Douce et incomparable Joséphine, quelle  effet bizarre faites-vous sur mon cœur ! »
(Lettre, Napoléon à Joséphine, décembre 1795)

Les premières années d’amour entre Joséphine de Beauharnais et le général le plus puissant de France ont été marquées par une passion pratiquement inégalée, mais la réalité politique de Napoléon a fait de cet amour un amour aussi tumultueux que passionné. Napoléon voulait à tout prix un héritier, ce qui a entraîné le divorce du couple. Pourtant, à la cérémonie qui consacrait ce divorce, chacun a lu à l’autre une déclaration dans laquelle ils se promettaient une dévotion éternelle, preuve de la permanence de leur amour.

tristan et yseult: La magie d’un philtre d’amour.   harpetycircle.gif

Tristan rencontre son oncle Marc’h à la mort de ses parents. Marc’h cherchant à se marier, le jeune homme propose de conquérir. Iseult, la fille du roi d’Irlande. il se rend en Irlande et sollicite alors du roi d’Irlande la main d’Iseult pour le roi Marc’h. Le père accepte, afin de renforcer les liens entre l’île et la péninsule, bien que la fille se montre dépitée pourtant, elle obéit et s’embarque.

Sur le bateau qui vogue vers la Cornouailles, les deux jeunes gens boivent, par erreur, le philtre d’amour destiné au roi Marc’h. La magie opère, le couple s’aime passionnément. Toutefois, Iseult épouse le roi, À quelque temps de là, Marc’h découvre les amants endormis, n’ayant entre eux que l’épée de Tristan ; maître de lui, il remplace l’arme par la sienne et s’éloigne sans bruit. Au réveil, aussi embarrassés d’être découverts que touchés par l’indulgence du roi, ils décident de se séparer. Le garçon repart vers la Bretagne, le pays de son père ; il y prend sans joie une épouse, sans jamais oublier Iseult qu’il rencontre parfois, traversant en secret la Manche.

Grièvement blessé dans une bataille, il fait chercher Iseult, dont il connaît les remèdes miraculeux, et recommande aux marins d’arborer une voile blanche au retour, si la jeune femme est à bord. Sitôt avertie du risque mortel, Iseult prend la mer vers la Bretagne ; on hisse donc la voile blanche. Las, lorsque le bateau paraît en vue de la côte, l’épouse de Tristan, jalouse, lui annonce une voile noire. Se sachant désormais perdu, le blessé réunit ses dernières forces et se transperce de l’épée ; apprenant son décès à peine débarquée, la reine s’étiole et meurt de désespoir.le roi Marc’h, dès qu’il connut la terrible nouvelle, fit voile vers la Bretagne, ramena leurs deux corps en Cornouailles. On les plaça dans deux tombeaux proches. Dès la première nuit, une ronce vigoureuse surgit, perçant les cercueils, unissant les deux corps ; sans cesse coupée, elle repoussait plus forte. Ému, le roi ordonna que soit protégé ce lien surnaturel .

Le mensonge

 

Le mensonge : expression des vérités

Pour tous, le mensonge est une affirmation contraire à la vérité, faite avec l’intention de tromper. Cette capacité à mentir est souvent prise et comprise comme un vil défaut. On sait ce qu’est finalement le mensonge, tout le monde y a eu recours un jour ou l’autre, par besoin, nécessité ou simplement pour ne pas “avouer” une vérité. Il y a également le mensonge par omission, le petit mensonge ou le gros mensonge. D’acoutumée, une distinction est faite, il n’y a pas un mensonge mais des mensonges classés dans différentes catégories, avec différents degrés d’acceptation. Cet ouvrage tente de démontrer qu’il n’y a pas une vérité mais des vérités, qu’il n’y a pas une réalité mais des réalités. Tout est question de perception. Ce qui sera vrai pour moi ne le sera pas forcément pour autrui. Ce que je perçois, ma façon de ressentir et de vivre les choses ne sera pas vécu de la même manière par quelqu’un d’autre. Il en va de même pour le mensonge. Nous verrons qu’il perception décalée de la réalité. Le mensonge est un moyen de communication comme un autre, un discours à un autre degré. Lorsque le dialogue ne peut se faire au premier degré, c’est à dire en relatant un fait par une réalité et vérité communes à tous, il est déplacé vers un autre moyen d’expression. Que ce soit vis à vis de soi-même : on peut se mentir, ou vis à vis des autres : on ment aux autres. Le mensonge ne doit pas être forcément pourchassé et combattu. Il se doit avant tout d’être entendu puis expliqué. Et cela commence dès le plus jeune âge…

Déja tout petit…

Si vous êtes parents, vous avez pu constater chez votre enfant, dans ses premières années, un “passage”, une période pendant laquelle votre fils ou votre fille se mettait a beaucoup mentir. La première réaction est de le gronder voire de le punir, de lui dire “ce n’est pas bien de mentir”. Quelques fois les parents expliquent pourquoi “ce n’est pas bien de mentir”, mais cela ne va guère plus loin. Or le mensonge chez l’enfant est tout à fait normal. Il s’agit d’une phase de sa construction. D’ailleurs lorsqu’un enfant de 4 ans ment, son attitude est facilement décelable, la différenciation entre réalité et mensonge est assez facile à faire, comme si le mensonge n’était pas “élaboré”. L’enfant raconte ce qu’il a fait, ce qu’il a vu soit en l’éxagérant soit en l’inventant purement et simplement. L’enfant dans la construction de son “moi” prend dans son environnement, il s’identifie au père, à la mère mais aussi à des animaux, des choses. La part de l’imaginaire, du symbole est très importante également. L’impact du conte de fée, des histoires qu’on lui raconte, ont également leur part. L’enfant parce qu’il ne sait pas encore faire la différence entre la réalité et l’imaginaire mêle régulièrement ces deux univers entre eux. Il projète son désir d’être avec ce qu’il est. Je pense qu’il faut vraiment prendre cette période comme quelque chose de positif, de constructif avec bien sûr des limites. Le mensonge de l’enfant dans cette période est naturel lorsqu’il intègre l’imaginaire au réel. Ensuite celui-ci évolue, il est réalité déformée. Ce n’est plus un embellissement de la vérité mais une négation de la vérite. Lorsqu’il est utilisé comme moyen de défense par exemple, il fait une bêtise puis la nie. Mais cette possibilité à nier lui a été donné par son environnement, il ne peut l’inventer seul. La peur va peut être le pousser à mentir. Souvent d’ailleurs le mensonge ne résoud rien parce qu’il est mensonge d’enfant, il n’est pas encore assez “grand” pour “savoir mentir”.

Le mensonge : médium de communication

Le mensonge exprime une vérité qui ne peut être formulée autrement que par ce biais pour de multiples raisons. Pour l’enfant qui a fait une bêtise, la peur d’être puni peut déclencher le mensonge. Il exprime alors deux vérités, deux réalités : la première est un aveu indirect de sa faute, la deuxième est la peur des conséquences de celle-ci. Le parent lui va prendre le mensonge au premier degré comme une négation de la vérité et va donc justifier sa peur : la punition qui dans ces cas là devient double : la bêtise et le mensonge. Il y a en fait toute une éducation à faire autour du mensonge ou plutôt tout un discours à mettre en place. Le mensonge peut permettre un élargissement de la communication, comme nous l’avons vu, il permet d’exprimer plusieurs réalités en même temps. Il s’agit de commencer cet apprentissage dès le plus jeune âge, car vous savez que le mensonge évolue, qu’il peut devenir dans certains cas un “art” voire une arme. Justement sommes-nous bien armés face au mensonge ? Vous me direz qu’il est facile d’entendre ce qu’exprime réellement un mensonge lorsqu’il est perceptible. Mais lorsqu’on ne sait pas que celui qui s’adresse à nous, ment, comment fait-on ? Est-ce réellement important ? Le menteur de tous les jours, a besoin d’un auditoire. Je pense qu’il faut être deux pour qu’il y ait mensonge. Un pour mentir, un pour entendre le mensonge, y croire, se laisser “berner”. Le menteur va utiliser cette “naiveté” naturelle de l’autre pour faire passer son message.

Détecter le mensonge ?

Parce que le mensonge est facilement décelable, identifiable… S’il est pris comme une vérité, ce que l’autre avait besoin de l’entendre comme telle. Au besoin il existe quelques techniques pour détecter le mensonge dans un discours, mais est-ce bien nécessaire ? Je vous en donne un : les mouvements occulaires. Tout ce qui est dit est généralement pensé auparavant, surtout lorsqu’il s’agit du mensonge parce que “énergétiquement”, il consomme beaucoup plus que le simple fait de relater une vérité simple. Le mensonge doit d’abord prendre en considération la vérité que l’on doit masquer ou modifier, puis il y a construction de l’esprit, modification de cette réalité, “enrobage” par exemple. La PNL (programmation neur-linguistique) a mis en évidence que lorsque il y avait contruction phrasée de l’esprit, création d’une nouvelle réalité, les yeux partaient automatiquement sur le côté gauche ou droit selon qu’on soit droitier ou gaucher. Un “petit truc” parmi d’autres…

Quelle est la névrose du menteur ?

Pourquoi le mensonge ? Pourquoi quelqu’un est-il amené à mentir ? C’est dans l’écoute de son mensonge que l’on entend et comprend ce que la personne dit réellement. Le mensonge répond bien sûr à une névrose, et si le mot peut choquer certains, nous dirons qu’il répond à un besoin. Il existe, nous l’avons vu, différents types de mensonge mais finalement ils retraduisent tous une “image de soi” (voir le chapître “moi et mon image”). Il y a la perception que l’on voudrait que les autres aient de nous : un moi “meilleur”, différent d’une certaine réalité, un moi “idéal”… Mais ce désir de vouloir être perçu différemment traduit en fait la non-acceptation de certains éléments de soi. Il répond à des traumatismes de la petite enfance et bien souvent est le reflet d’une idée de perception de son père ou de sa mère. Le menteur a une problématique à l’un des parents. Il n’est pas à ses propres yeux (et non pas forcément aux yeux de ses parents) comme il aurait voulu être. Il y a un sentiment de déception, on perçoit justement ou injustement que l’on est pas à l’image d’un moi idéal symbolisé par ses propres parents. Ce sentiment de ne pas être véritablement soi ou celui que l’on aurait dû être va pousser à créer un deuxième moi, une des composantes de la schizophrénie. D’ailleurs le mensonge peut mener dans certains extrêmes des aspects pathologiques de la mythomanie. Et nous en revenons une fois de plus à l’expression de la pulsion. Le mensonge est une projection de soi au travers d’un dire, une forme codée d’expression de l’inconscient au même titre que le lapsus. Il est l’expression d’un manque.

Apprendre à entendre le mensonge

Il suffirait de se rééduquer, de réapprendre à communiquer pour que l’autre puisse entendre ce qui est exprimé dans le mensonge. Les relations avec autrui s’en trouveraient améliorées. Le mensonge n’est pas la négation d’une vérité mais l’expression de nombreuses réalités propres à soi. Il faut aller au-delà des mots, au-delà du sens premier. Le mensonge n’existe que parce qu’il y a des gens qui sont prêts à croire au mensonge, à transformer ce qui est mensonge en réalité. Si chacun entendait le mensonge, le menteur n’aurait plus besoin d’utiliser ce mode de communication et pourrait enfin exprimer ses réalités l’une après l’autre et non plus confondues en une seule. Un objectif qui malheureusement me semble loin d’être atteint parce qu’il pose la question : pourquoi j’accepte que l’on me mente ? Il ne faut pas oublier que le menteur a besoin de quelqu’un pour le croire. Si tel n’est pas le cas, celui-ci n’a plus de raison d’être. On fustige le menteur, est-ce véritablement sur lui qu’il faut s’interroger ?

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