Archive pour février, 2008

Méditations.

On aime d’abord par hasard,
par jeu, par curiosité,
pour avoir dans un regard
lu des possibilités.

Et puis comme au fond soi-même
on s’aime beaucoup,
si quelqu’un vous aime, on l’aime
par conformité de goût.

On se rend grâce, on s’invite
à partager ses moindres maux.
On prend l’habitude, vite,
d’échanger de petits mots.

Quand on a longtemps dit les mêmes,
on les redit sans y penser.
Et alors, mon Dieu, l’on aime
parce qu’on a commencé.

Paul GERALDY.

Tristesse d’Été.

Le soleil, sur le sable, à lutteuse endormie,
En l’or de tes cheveux chauffe un bain langoureux
Et, consumant l’encens sur ta joue ennemie,
Il mêle avec les pleurs un breuvage amoureux.

De ce blanc flamboiement l’immuable accalmie
T’a fait dire, attristée, à mes baisers peureux
“ Nous ne serons jamais une seule momie
Sous l’antique désert et les palmiers heureux ! ”

Mais la chevelure est une rivière tiède,
Où noyer sans frissons l’âme qui nous obsède
Et trouver ce Néant que tu ne connais pas.

Je goûterai le fard pleuré par tes paupières,
Pour voir s’il sait donner au coeur que tu frappas
L’insensibilité de l’azur et des pierres.

Stéphane MALLARME

Le coeur en peine.

j’ai le coeur dans l’eau
il nage à l’envers
elle pleure et pleure la rivière

j’ai l’âme qui n’en finit pas de gémir
elle crée le vide autour d’elle et fait fuir
certains que je croyais être des amis

j’ai le cerveau à la dérive
il déraille parfois dans la folie
il faudrait l’enfermer à double tour

j’ai mal aux os et au dos
je suis tout courbaturé
jamais plus je ne plierai l’échine

j’ai les yeux qui n’y voient guère
la cascade tombe en cataracte
je ne pourrai partir à la guerre

j’ai mal à ma peine
celle des autres me chagrine
je sanglote tout mon soûl

j’ai le coeur qui se lamente
j’ai l’âme en souffrance
je n’en finis plus de geindre

alors je ferme les volets
je soigne mes blessures
je souffre en silence
au moins personne ne le sait
les êtres sensibles ne peuvent pas
s’apitoyer sur mon sort

ainsi voit-on que dans l’ignorance
on vit toujours plus heureux
parmi ceux que l’on côtoie
car quand on se ferme les yeux
on ignore qu’ils sont malheureux

Yves Brillon

Scrap for you.

 

 

 

scrapforyoucall.jpg

 

 

 

 

AVEU.

Je sais bien qu’irritable, exigeant et morose,
insatisfait, jaloux, malheureux pour un mot,
je te cherche souvent des querelles sans cause…
Si je t’aime si mal, c’est que je t’aime trop.

Je te poursuis. Je te tourmente. Je te gronde…
Tu serai plus heureuse, et mieux aimée aussi,
si tu n’étais pour moi tout ce qui compte au monde,
et si ce pauvre amour n’était mon seul souci.

Paul GERALDY.

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