Archive pour 27 février, 2008

Méditations.

On aime d’abord par hasard,
par jeu, par curiosité,
pour avoir dans un regard
lu des possibilités.

Et puis comme au fond soi-même
on s’aime beaucoup,
si quelqu’un vous aime, on l’aime
par conformité de goût.

On se rend grâce, on s’invite
à partager ses moindres maux.
On prend l’habitude, vite,
d’échanger de petits mots.

Quand on a longtemps dit les mêmes,
on les redit sans y penser.
Et alors, mon Dieu, l’on aime
parce qu’on a commencé.

Paul GERALDY.

Tristesse d’Été.

Le soleil, sur le sable, à lutteuse endormie,
En l’or de tes cheveux chauffe un bain langoureux
Et, consumant l’encens sur ta joue ennemie,
Il mêle avec les pleurs un breuvage amoureux.

De ce blanc flamboiement l’immuable accalmie
T’a fait dire, attristée, à mes baisers peureux
“ Nous ne serons jamais une seule momie
Sous l’antique désert et les palmiers heureux ! ”

Mais la chevelure est une rivière tiède,
Où noyer sans frissons l’âme qui nous obsède
Et trouver ce Néant que tu ne connais pas.

Je goûterai le fard pleuré par tes paupières,
Pour voir s’il sait donner au coeur que tu frappas
L’insensibilité de l’azur et des pierres.

Stéphane MALLARME

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