Archive pour février, 2008

Toi par qui j’ai senti, pour des heures trop brèves, …

Toi par qui j’ai senti, pour des heures trop brèves,
Ma jeunesse renaître et mon cœur refleurir,
Sois bénie à jamais ! J’aime, je puis mourir;
J’ai vécu le meilleur et le plus beau des rêves !

Et vous qui me rendiez le matin de mes jours,
Qui d’un charme si doux m’enveloppez encore,
Vous pouvez m’oublier, ô chers yeux que j’adore,
Mais jusques au tombeau je vous verrai toujours.

Charles-Marie LECONTE DE LISLE

Enlacement.

à l’improviste
tu as fait irruption dans ma nuit
tout d’un coup
de ta présence tu l’as éblouie
coup de foudre
en un instant le passé oublié
ta main dans la mienne s’est glissée
douce et nue
comme une tendre caresse
je m’y suis aussitôt accroché
tant était profonde ma détresse

au creux de mes entrailles
tout a flambé
tremblement de coeur
délire de tendresse
ivresse du choc amoureux
qui balaie les vieilles rancoeurs
les souvenirs douloureux

tes yeux de feu
ont brûlé mon regard
gravant sur la rétine
les traits fins de ton visage
de déesse antique
derrière mes paupières closes
je garde en ma mémoire
l’image de cette folle rencontre
où pour toujours
le hasard a entremêlé
les fils de nos destinées

viens mon amour
laisse moi me blottir dans tes bras
que nos corps s’enlacent
se confondent à ne plus faire qu’un
partons pour Cythère
comme le faisaient autrefois
les amoureux
partons ma mie
partons tous les deux
là-bas
loin
loin d’ici

Yves Brillon

Si lasse…

 

Elle dort depuis quatre décades

juste au coeur de l’os

durcie comme une moelle surgelée

ma fatigue.

Je suis givrée

car moi, je ne dors pas.

Sise aux quatre coins de moi-même

je me tiens en tout temps éveillée

surveillant

autrefois, mes frères musculeux

et maintenant,

leur ombre qui m’assaille dans tous les coins.

Ils m’assomment de leurs sarcasmes: je serre les dents.

Ils rabaissent mes joies: je pleure dans mes jupes.

Ils dépouillent mes espoirs de toutes plumes folâtres: je lève la tête encore plus haut .

Ils annulent mes gestes: je les répètent dans ma tête.

Depuis toujours

au coeur de cette lutte harassante

je n’entends point le craquement de mes os

je ne sens point la tension sous ma chair raidie.

     Je prends les coups.
     Je tiens le coup.
     Je pare les coups.

Aujourd’hui, la lassitude s’écoule de mes os

j’y reconnais ma vieille fatigue

qui s’étire
     au fil des ans
que je file
     depuis cent ans
que j’empile
     an sur an.

Je l’endigue avec des sursaut de raideur

certaine que le repos ne se tient jamais droit comme une Vigile.

Mais que faire?
J’ai tant de blessures au coeur!

Michelle Larivey

Inspiré par la fatigue de vivre continuellement sur la défensive.

MES PAUVRES YEUX…

Mes pauvres yeux ! Je suis blême.
J’ai si chaud! Et j’ai si froid!
Tu saurais combien je t’aime,
tu aurais pitié de moi.

Ma tendresse – ma misère! -
m’use depuis trop longtemps.
Apprends-moi comme il faut faire
pour ne plus t’aimer autant!

Un flot plus dense et plus sombre
me submerge tous les jours.
Tu m’envahis! Tu m’encombres!
Ah! qu’il est lourd, mon amour!

Qu’on m’aide! Qu’on m’en délivre!
J’ai peur. Aimer n’est pas doux.
On ne peut aimer et vivre.
Amant triste, je suis ivre.
Calmez-moi de vous!

Paul GERALDY.

Tendresse.

 

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