Archive pour février, 2011

Pour didicall.

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Je t’aime.

Je t’aime pour toutes les femmes que je n’ai pas connues,
Je t’aime pour tous les temps où je n’ai pas vécu,
Pour l’odeur du grand large et l’odeur du pain chaud,
Pour la neige qui fond, pour les premières fleurs,
Pour les animaux purs que l’homme n’éffraie pas,
Je t’aime pour aimer,
Je t’aime pour toutes les femmes que je n’aime pas.

Qui me reflète, sinon toi-même ? Je me vois si peu !
Sans toi je ne vois rien qu’une étendue déserte
Entre autrefois et aujourd’hui
Il y a eu toutes ces morts que j’ai franchies sur de la paille
Je n’ai pas pu percer le mur de mon miroir,
Il m’a fallu apprendre mot par mot la vie
Comme on oublie !

Je t’aime pour ta sagesse qui n’est pas la mienne,
Pour la santé,
Je t’aime contre tout ce qui n’est qu’illusion
Pour ce coeur immortel que je ne détiens pas
Tu crois être le doute et tu n’es que raison
Tu es le grand soleil qui me monte à la tête
Quand je suis sûr de moi.

Poème de Paul Eluard.
(1895-1952)
Recueil: Le phénix.

Poème de l’amour.

LXI

Je crois à l’âme, si c’est elle
Qui me donne cette vigueur
De me rapprocher de ton cœur
Quand tu parais sombre et rebelle !

Je crois à l’âme, si vraiment
C’est d’elle que je tiens l’audace
De t’avoir scruté face à face
Dans les divins commencements!

— Mais, ô Nature impérieuse,
Instinct qui ne cédez jamais,
Turbulence mystérieuse,
N’est-ce point par vous que j’aimais?

LXII

Quand ce soir tu t’endormiras
Loin de moi, pour ta triste nuit,
En songe pose sur mon bras
Ton beau col alourdi d’ennui.

Jette vers moi ce qui t’encombre,
Défais-toi des mornes pensées,
Je les ramasserai dans l’ombre
Comme une glaneuse insensée,
Ivre d’amour, et qui dénombre
Des roses, des lys, des pensées…
LXIII

Je voyais, aussi nettement
qu’on voit la rose en fraîche toile,
S’épanouir au firmament
La pulpe altière des étoiles.

Je révais. Par les jours trop chauds,
Quand l’heure du soir songe et stagne,
Une rue, un mur blanc de chaux,
Me restituaient les Espagnes.

Auprès d’un verger de Passy,
Quand la nuit met sa molle roche
Sur tout l’espace dessaisi,
J’entendais, au lointain, des cloches
Éparpiller leur lent souci…
L’univers logeait dans mon cœur,

Lorsque tu vins comme un voleur…
LXIV

Ô suave ami périssable,
Tu ne pourras laisser de traces
Que le temps mobile n’efface
Comme fait le vent sur les sables!

Tes doux jeux, charmants, éphémères,
Sont faits d’écume et d’âme amère.
Et cependant, quoi que tu fasses,
Il restera que je t’aimais,
Que j’ai dit ta grâce à l’espace,
Et penché sur tes yeux ma face
Où le soleil se résumait !
LXV

Je voudrais mourir, mais non pas
D’une autre et plus tranquille mort
Que celle que causent ton pas,
Ta voix, ton regard, ton abord.

Pourrai-je renoncer, crois-tu,
— Bel arbre humain, cyprès! tilleul!
À ce grand besoin éperdu
Que j’ai de périr par toi seul?

Anna de Noailles.

Les caresses des yeux.

Les caresses des yeux sont les plus adorables ;
Elles apportent l’âme aux limites de l’être,
Et livrent des secrets autrement ineffables,
Dans lesquels seul le fond du coeur peut apparaître.

Les baisers les plus purs sont grossiers auprès d’elles ;
Leur langage est plus fort que toutes les paroles ;
Rien n’exprime que lui les choses immortelles
Qui passent par instants dans nos êtres frivoles.

Lorsque l’âge a vieilli la bouche et le sourire
Dont le pli lentement s’est comblé de tristesses,
Elles gardent encor leur limpide tendresse ;

Faites pour consoler, enivrer et séduire,
Elles ont les douceurs, les ardeurs et les charmes !
Et quelle autre caresse a traversé des larmes ?

Auguste Angellier.

c’est la St Valentin.

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