Archives pour la catégorie Contes et Légendes

La rose de l’absent

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(Légende du Moyen Age)

Le beau chevalier était à la guerre…
Le beau chevalier avait dit adieu
A sa dame aimée, Anne de Beaucaire
Aux yeux plus profonds que le grand ciel bleu.

Le beau chevalier, à genoux près d’elle,
Avait soupiré, lui baisant la main :
 » Je suis tout à vous ! soyez-moi fidèle ;
A bientôt !… je vais me mettre en chemin. « 

Anne répondit avec un sourire :
 » Toujours, sur le Christ ! je vous aimerai,
Emportez mon coeur ! allez, mon beau sire,
Il vous appartient tant que je vivrai. « 

Alors, le vaillant, tendant à sa dame
Une rose blanche en gage d’amour,
S’en était allé près de l’oriflamme
De son Suzerain, duc de Rocamour.

Le beau chevalier était à la guerre…
Anne, la perfide aux yeux de velours,
Foulant son naÏf serment de naguère,
Reniait celui qui l’aimait toujours ;

Et, sa blanche main dans les boucles folles
D’un page mignard, elle murmurait
Doucement, tout bas, de tendres paroles
A l’éphèbe blond qui s’abandonnait.

Mais, soudain, voulant respirer la rose
Du fier paladin oublié depuis,
Elle eut peur et vit perler quelque chose
De brillant avec des tons de rubis.

Cela s’étendait en tache rougeâtre
Sur la fleur soyeuse aux pétales blancs
Comme ceux des lis et comme l’albâtre…
La rose échappa de ses doigts tremblants ;

La rose roula tristement par terre…
Une voix alors sortit de son coeur ;
Cette voix était la voix du mystère,
La voix du reproche et de la douleur.

 » Il est mort, méchante, il est mort en brave !
Et songeant à toi, le beau chevalier ;
Son âme est au ciel, chez le bon Dieu grave
Et doux, où jamais tu n’iras veiller ;

Où tu n’iras pas, même une seconde,
Car ta lèvre doit éternellement
Souffrir et brûler, par dans l’autre monde,
Au feu des baisers d’un démon méchant… « 

Et la voix se tut sous le coup du charme,
La fleur se flétrit, Anne, se baissant
N’aperçut plus rien, plus rien qu’une larme
Avec une goutte épaisse de sang.
Gaston COUTÉ (1880-1911) 

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Qu’est-ce qu’un mythe ? Qu’est-ce qu’une légende ?

Le mythe et la légende.

À la différence de la légende, le mythe est représenté dans l’atemporel. Même lorsqu’il raconte des événements précis, il se place dans un temps mythique qui est toujours au-delà de celui des hommes, tandis que la légende se place toujours dans un temps qui est à l’échelle de celui des hommes.

MYTHE :

Etymologiquement, « mythe » vient de « muthos », qui, dans la langue grecque du milieu du Ve siècle avant notre ère, désignait un énoncé considéré comme vrai. Le sens du mot évolua au cours des événements historiques et politiques pour finalement exprimer le mensonge ou l’opinion fausse.
Le langage courant emploie aujourd’hui le mot « mythe » pour dénoncer une illusion, pour évoquer l’image idéalisée ou exaltée d’une situation ou d’un événement. Ces usages soulignent combien le discours mythique, en cela comparable au rêve, relève d’une relation équivoque avec la réalité.
 » Le Mythe est donc un récit imaginaire, d’origine populaire ou littéraire, qui met en scène des personnages extraordinaires, surhumains ou divins, dont les événements fabuleux ou légendaires retracent l’histoire d’une communauté, symbolisent des aspects de la condition humaine ou encore traduisent les croyances, les aspirations ou les angoisses de la collectivité pour laquelle ce mythe a un sens  » (définition du dictionnaire).
Il comporte donc un extraordinaire pouvoir de suggestion où les expressions imagées reflètent des vérités plus profondes. Le mythe participe de l’idéologie au sens où il transpose sur le plan imaginaire des contradictions et des problèmes que les hommes, ou du moins certains d’entre eux, ne veulent pas regarder en face.

Le mythe est donc un récit qui explique les mystères de l’homme et du monde.

En ce sens, on peut légitimement considérer que l’histoire de Tristan et d’Yseult est un mythe car la vie des héros nous interroge sur le bien et le mal, l’innocence et la culpabilité, l’amour passion et la raison, le libre arbitre et la fatalité, autant de questions qui hantent l’homme depuis toujours.

LÉGENDE :

Issu du latin « legenda » (ce qui doit être lu), le terme s’appliquait exclusivement aux récits édifiants de la vie des saints et des martyrs, textes qui étaient lus pendant les services religieux et dans les couvents.
La signification du terme se modifia peu à peu; on en vint à appeler légendes tous les récits fabuleux d’un événement passé, quelle que soit la tradition sur laquelle les récits se fondaient. Si la légende puise souvent aux sources traditionnelles, populaires et folkloriques, elle peut aussi être la création originale d’un conteur ou d’un poète, imprégnée des formes d’imagination de son temps: ainsi naquirent sans doute les chansons de geste, et même les nombreux récits légendaires créés à l’époque romantique.

La légende historique se trouve placée à la croisée de l’histoire vraie (qui ne renferme que des éléments de relation) et du conte; elle se distingue de l’histoire vraie par le manque d’autorité des sources et contient souvent des traits fabuleux qui rappellent plus ou moins la forme traditionnelle du conte.

L’étude des légendes des différents peuples présente un grand intérêt philosophique, historique, psychologique et artistique. Les poètes et les auteurs dramatiques se sont souvent inspirés des légendes. Comme les mythes et les contes, les récits légendaires sont utilisés par les archéologues et les ethnologues, car ils fournissent des renseignements précieux sur les mœurs, les coutumes et le mode de pensée d’un peuple à une époque déterminée.

L’histoire de Tristan et Yseult peut donc être considérée comme une légende parce qu’elle s’inscrit dans l’histoire à échelle humaine (récit de la vie entière de Tristan, de sa naissance à sa mort, sa filiation, ancrages avec la réalité historique). Elle s’inspire de toutes une tradition religieuse et sociale, propre à chacune des époques des différents auteurs.

Légendes de pays: Brocéliande

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Les fontaines enchantées : celle de Barenton paraît la plus connue. Située en Brocéliande, elle “bout tout en restant froide” ; mieux, on la dit “fontaine qui fait pleuvoir”. En versant de l’eau sur la margelle, on déclencherait de gros orages ; encore faut-il posséder le tour de main magique !

“le Barbe-Bleue breton”.

l’épouvantable histoire d’un seigneur aussi puissant que violent, Conomor (ou Comorre), dit “le Barbe-Bleue breton”. De fait, sous le coup d’une prophétie qui le menaçait d’être tué par son fils, il assassina de sa main six épouses, sitôt qu’elles attendirent un enfant. Vers 550 pense-t-on, il demanda à Warock, comte de Vannes, la main de sa fille Tréphine. Afin d’éviter une guerre, le père la lui accorda et Saint Gildas bénit l’union. Sitôt que Conomor surprit sa jeune femme brodant une layette, il pensa l’égorger ; elle parvint à fuir. Le terrible mari la rattrapa sur les landes de Lanvaux et lui trancha la tête. Averti dans son ermitage de Bieuzy, Gildas accourut du bord du Blavet et ressuscita sa protégée qui donna bientôt naissance à un garçon, Trémeur. Élevé au monastère de Rhuys, l’enfant eut un jour le malheur de rencontrer son père qui le décapita sans délai. Les chevaliers du comte de Vannes réussirent enfin à éliminer l’effroyable bourreau.

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Quatre jeunes filles ayant fauté avec leurs amants ont été pétrifiées au bord de la Rance sur le lieu de leurs amours.

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Esprits de la forêt, les elfes vivent toujours en forêt de Huelgoat, l’un des derniers lieux avec Brocéliande où vivent les mythes anciens.

Azenor, Dame Blanche

À l’autre bout de la Bretagne, Azénor, fille d’Éven, comte de Léon, et sitôt mariée au comte de Goëlo, fut si calomniée par sa marâtre que son époux la crut adultère. Il la ramena à son père qui, ulcéré, l’enferma dans la tour précédant l’actuelle, et la condamna au bûcher. Preuve de son innocence, le bois refusa de s’enflammer, mais l’affront était tel qu’on la jetta à la mer, enfermée dans un tonneau. Protégée par un ange, la jeune femme erra quelques mois sur les eaux avant d’aborder en Irlande, où elle donna naissance à un fils, Budoc. Adulte, il se fit moine, s’embarqua pour la Bretagne sur une auge de pierre et accosta à Porspoder, d’où il évangélisa le Bas-Léon. On assure qu’après des années de prédication, il fut appelé à Dol et nommé évêque.

Les spectres hantent bien des endroits : une dame blanche erre dans le parc du château de Trécesson, en Campénéac, à la suite d’un meutre atroce. Vers 175O, un braconnier de la forêt de Paimpont observa de nuit des hommes qui brutalisaient une jeune inconnue en robe blanche. Elle les suppliait de l’épargner, ils l’enterrèrent vivante.
Force est d’arrêter un récit qui ne saurait avoir de fin. À chacun de suivre le chemin de Bretagne, guidé par la légende, et, l’esprit allégé des certitudes commodes, d’y découvrir la nature..

Un dernier conseil avant le départ : à l’approche de tout lieu humide, pire d’une tourbière, évitez de piétiner “l’herbe d’oubli”. Aussi fréquente que peu visible, cette fougère rampante vous égarerait longuement, à moins de parvenir à retourner sinon sa veste, du moins les poches. Oui, la féerie nous suit ici comme une ombre.

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Le château de Trécesson en forêt de Brocéliande où le fantôme de la Dame Blanche, une jeune mariée assassinée, hante la tour.

Brocéliande

La forêt de Paimpont ou forêt de Brocéliande est située dans le département de l’Ille-et-Vilaine en Bretagne à environ 30 km au sud-ouest de Rennes.

Paimpont est un village d’environ 1 400 habitants bâti au bord d’un vaste étang situé au centre de la forêt, domaine privilégié des légendes celtiques. Les 7000 hectares de bois qui entourent Paimpont sont les restes d’une futaie plus dense et beaucoup plus étendue dans laquelle se déroulèrent maints épisodes des Romans de la Table Ronde et de la légende arthurienne. On l’appelait Brécilien au XIIème siècle; on la désigne en Breton sous le nom de Brec’helean. Cette désignation s’est trouvée renforcée par la naissance du Pays de Brocéliande à la fin du XXe siècle, institution destinée à faciliter le développement des communes de l’ouest du département. C’est une forêt de feuillus, chênes et hêtres principalement, avec des peuplements de résineux soit en inclusion après des coupes à blanc soit sur la périphérie comme transition avec la lande, par exemple vers l’ouest dans le secteur de Tréhorenteuc et du Val sans Retour ravagé par plusieurs incendies en particulier en 1976, année de grande sécheresse. Elle occupe principalement le territoire de la commune de Paimpont, mais s’étend sur des communes limitrophes, principalement Guer et Beignon au sud, Saint-Péran au nord-est et Concoret au nord.

 Le miroir aux fées

Le miroir aux fées

 Géographie

La relative altitude du massif forestier contribue à lui donner un climat proche du climat océanique des côtes du Finistère. Ce régime où dominent les vents d’ouest et de sud-ouest porteurs de nuages et de précipitations régulières favorisent la végétation, le surplus d’humidité alimentant les nombreux ruisseaux occupant les fonds de vallons avant d’aboutir dans la rivière de l’Aff puis la Vilaine aux environs de Redon au sud du département.

Du point culminant situé à 256 m dans la partie occidentale appelée Haute forêt, l’altitude diminue régulièrement en offrant des points de vue vers le département du Morbihan, points de vue dont on retrouve les équivalents au nord sur la commune de Mauron, porte des Côtes-d’Armor.

C’est non loin de là que dominant l’étang du Chatenay a été construite en 1966 et 1967 la Station Biologique de Paimpont relevant de l’université de Rennes I. En bordure de la route conduisant de Paimpont à Campénéac, on remarque le restaurant panoramique. La forêt et ses milieux variés constituent un cadre propice à de nombreux stages auxquels participent les étudiants rennais en biologie ainsi que de nombreux étudiants et chercheurs étrangers, les bâtiments permettant d’accueillir environ soixante-dix personnes. Des chercheurs travaillent toute l’année sur des sujets généralement très éloignés du biotope local tels que le comportement des primates, représentés par des cercopithèques aux cris familiers pour le voisinage mais surprenant le promeneur peu habitué à cette faune exubérante. Les premiers chercheurs ont longuement étudié l’écologie des landes armoricaines, les sols, l’hydrologie.

Propriété

La forêt appartient principalement à quelques propriétaires qui l’entretiennent et l’exploitent pour le bois et pour la chasse ; seule dans la partie nord-est, une petite partie (10 %) est domaniale et gérée par l’Office national des forêts.

Cette situation empêche une libre circulation dans la forêt même aux abords du bourg et de son étang. Les propriétaires ont cependant signé une convention autorisant du 1er avril à la fin du mois de septembre la fréquentation de sentiers de randonnée empruntant certaines lignes ou sentiers de la forêt.

 Règlementation

Parmi les attributions des gardes-forestiers, figurent la surveillance des comportements répréhensibles au premier rang desquels figure la création de feux, mais aussi la circulation ou divagation de chiens, comme directement nuisibles au gibier. La cueillette des champignons sans être absolument interdite, ne peut guère être plus qu’un agrément supplémentaire de la promenade elle-même localement tolérée.

Par son importance avant la Révolution française, la forêt était le ressort d’une juridiction royale appelée maîtrise des eaux et forêts, les juridictions seigneuriales traditionnelles ne s’occupant pas de la gestion forestière. Le bois étant exploité le plus complètement possible pour l’alimentation des hauts fourneaux en charbon de bois au moins aux XVIIe et XVIIIe siècles, l’affectation des arbres de premier choix à la marine a été un rôle marginal.

Extrait des archives du tribunal correctionnel de Montfort : « Étant parti des forges de Paimpont lundi matin, il passa par l’atelier des charpentiers qui est éloigné des forges au milieu de la forêt, il y but avec Julien Auffray son cousin et chef d’attelier des charpentiers. » (« maître d’attelier des charpentiers et scillieurs de long des bois pour la marinne » ailleurs). Interrogatoire Auffray, 1826.

Lieux à visiter

Il se visite dans la forêt de Paimpont un certain nombre de monuments et de curiosités légendaires, dont voici une liste non-exhaustive. « L’histoire a sa vérité, la légende a la sienne. » Victor Hugo (Quatrevingt-treize).

  • Paimpont et ses environs

Façade de l'Abbaye de Paimpont

Façade de l’Abbaye de Paimpont

Paimpont est un village d’environ 1 400 habitants situé au centre de la forêt. Située au bord du lac de Paimpont, son abbaye fut construite au XIIIe siècle sur l’emplacement d’un prieuré fondé en 645 par Judicaël, roi de Domnonée. C’était à l’origine un monastère bénédictin, mais elle fut dès le XIIIème siècle habitée par des chanoines jusqu’à la Révolution.

De style gothique médiéval (les murs, les ouvertures, le baptistère et la chapelle du St-Sacrement, la voûte), l’abbatiale présente un décor intérieur (chaire, statues, autels-retables) de style baroque du XVIIe siècle. La sacristie contient le trésor de l’abbatiale composé d’un Christ en ivoire (XVIIe), d’un reliquaire (XVe) offert par la duchesse Marguerite de Bretagne, mère de Anne de Bretagne, qui contiendrait un radius de St Judicaël.

Un peu plus loin se trouve l’étang du Pas du Houx, au nord-est de Paimpont. Avec ses 80 hectares, il est le plus grand étang de la forêt de Paimpont, riche en faunes et flores aquatiques. Sur ses rives se font face le château de Brocéliande et le château du Pas du Houx, construits au début du XXe siècle.

  • Les forges de Paimpont

Les forges de Paimpont sont situées au sud de la forêt, près d’un lieu légendaire nommé « Pont de Secret ». Elles furent créées en 1653 par Jacques de Farcy et François d’Andigné après avoir acquis une partie du fief de Brécilien. Vers 1800, elles fabriquent en moyenne, avec la méthode wallonne, 500 tonnes de fonte et 360 tonnes de fer. Autour de 1820, afin de lutter contre la concurrence étrangère, les forges de Paimpont entament une phase d’agrandissement et de modernisation. Ce tournant technologique se matérialise, en 1831, par la construction d’un laminoir à quatre fourneaux à réverbère, trois paires de cylindres et un atelier de moulerie avec deux fours à réverbère. Alors que l’établissement connaît son apogée durant les années 1850-1860, où la production triple, le déclin se fait rapidement sentir. Les hauts fourneaux sont éteints en 1866. L’activité reprend de 1872 à 1884. En 1873, M. Lévêque, armateur nantais, achète l’usine dont les descendants sont les actuels propriétaires. Seul subsistera jusqu’en 1954 un atelier de construction mécanique. Les forges de Paimpont comptaient parmi les plus importantes et les plus réputées de Bretagne, concurrençant les meilleurs fers de Suède ou d’Espagne par leur qualité. De cette époque industrieuse subsistent le village des Forges, le château des maîtres des Forges et une chapelle.

  • Le château de Comper

Le château de Comper se situe au nord de la forêt de Paimpont, à trois kilomètres à l’est du bourg de Concoret. Le mot Comper viendrait comme Quimper de Kemper qui signifie « confluent ». Effectivement, le site est extrêmement lié à l’eau puisqu’il est entouré par une série d’étangs. Comper aurait appartenu à Salomon, roi de Bretagne (IXe siècle) mais le château n’entre véritablement dans l’histoire qu’avec les barons de Gaël-Montfort, dont le premier a été Raoul, compagnon de Guillaume le Conquérant avec lequel il a combattu à Hastings. Dès le XIIIe siècle, Comper est considéré comme l’une des plus fortes positions de Haute Bretagne. Il a été le théâtre de nombreux combats et est est passé aux mains de plusieurs familles.

Le château, à l’origine à peu près carré, se composait de quatre tours d’angle, reliées entre elles par de hautes murailles. À la porte d’entrée : une herse et un pont-levis. Aujourd’hui, un chemin enjambe les douves asséchées par le manque de pluie et le domaine est passé de l’histoire à la légende puisque le château abrite les expositions du Centre arthurien. Le Grand Étang est associé au lac de la fée Viviane qui cache aux yeux des curieux le château de cristal construit par Merlin pour sa belle élève.

Le domaine est privé, mais l’accès à la cour et aux abords de l’étang est possible moyennant un modeste péage, un peu plus élevé si l’on désire visiter les expositions du Centre arthurien.

  • Le château de Trécesson

Le château de Trécesson

Le château de Trécesson

Le château de Trécesson fut reconstruit, dans son état actuel, au XVe siècle. Il appartenait à la famille de Trécesson illustrée par plusieurs connétables de Bretagne. Il resta dans la famille jusqu’en 1773 où il passa aux mains des Le Proste de Châteaugiron. Pendant la Terreur, le député girondin Defermon y resta caché plus d’un an. Acquis ensuite par un payeur aux armées, M. de Sivry, celui-là même qui est inhumé sous le mausolée de la chapelle Saint-Jean, il fut affecté pendant la restauration à l’École d’Agriculture du Morbihan. Il est actuellement la demeure du comte de Prunelé.

Une légende tenace dans la région se rattache au château de Trécesson, celle de « la Dame blanche de Trécesson ». Selon la légende, au XVIIIe siècle, une jeune mariée y fut enterrée vivante le matin même de son mariage et hanterait depuis le domaine.

  • Le tombeau de Merlin et la fontaine de jouvence

Au nord de la forêt se trouve le tombeau de Merlin. Ce monument est le vestige d’une allée couverte néolithique qui a été détruite en 1894, suite à des fouilles et dont il ne reste aujourd’hui plus que deux dalles de schiste rouge, perpendiculaires, adossées à un vieux houx. De nos jours, de nombreuses personnes vouent un culte à ce monument en y déposant un mot adressé à Merlin (en général un souhait qu’on désire qu’il exauce) ou un objet. Selon la légende, après l’avoir séduit Viviane emprisonna Merlin dans une prison invisible, puis l’enferma dans un tombeau : Merlin s’étant allongé dans une fosse, la fée fit rabattre sur lui deux énormes pierres.

La fontaine de jouvence est un modeste trou d’eau situé près du tombeau de Merlin. Autrefois, lorsque les croyances populaires étaient fortement liées aux rythmes des saisons et à la nature, le recensement des enfants nés pendant l’année se faisait proche des fontaines. A la date du solstice d’été (21 juin), ces enfants étaient présentés aux grands prêtres afin qu’ils puissent être lavés et inscrits sur le « marith » (registre). Les enfants qui n’avaient pu être présentés au recensement de l’année étaient ramenés l’année suivante et inscrits comme nouveaux-nés de la nouvelle année, de sorte qu’il se retrouvaient rajeunis d’un an. Ceci est peut-être à l’origine de l’appellation « fontaine de jouvence ».

  • Le chêne des Hindrés et de Guillotin

Le chêne de Guillotin

Le chêne de Guillotin

La forêt de brocéliande renferme de très vieux arbres. Le plus célèbre d’entre eux est un vieux chêne âgé d’environ 1000 ans et faisant plus de 9 mètres de circonférence : le chêne de Guillotin. Il est situé entre Concoret et Tréhorenteuc. Selon la légende, un prêtre réfractaire nommé Pierre-Paul Guillotin s’y réfugia pendant la Révolution française. Il continua à administrer sacrements et bénédictions dans la région, et rédigea un précieux journal des événements révolutionnaires.

Un autre chêne célèbre de cette forêt situé près du Tombeau de Merlin est nommé « chêne des Hindres », mesurant environ 5 mètres de circonférence.

  • La fontaine de Barenton

La fontaine de Barenton est un lieu à la fois pittoresque et modeste de brocéliande. Située à l’ouest de la forêt, près d’un lieu-dit nommé « Folle pensée », elle est assez difficile d’accès. Les légendes associées à ce lieux sont nombreuses. Donc selon la légende, c’est là que Merlin rencontra Viviane, et l’eau de cette fontaine aurait le pouvoir de guérir les maladies mentales. Mais attention, car verser cette eau sur le perron de la fontaine déclencherait un orage très violent, selon la légende…

  • Le Val sans retour

Le Val sans Retour est situé près de Tréhorenteuc, à l’ouest de Paimpont. C’est le lieu le plus réputé de la forêt. Le Val sans Retour est une vallée encaissée très contrastée par ses paysages, creusée profondément dans le schiste rouge, (c’est le minerai de fer qui donne au schiste sa couleur rouge ; ce même minerai fausse les boussoles des randonneurs). Selon la légende, Morgane la fée, demi-sœur du roi Arthur, trahie par son amant, décida de retenir prisonniers dans ce val tous les chevaliers infidèles. Seul le chevalier Lancelot, fidèle à la Reine Guenièvre, put rompre l’enchantement, échapper au sortilège et délivrer les chevaliers. On y trouve aussi le miroir aux fées, matérialisé par un lac dans lequel les fées, en y jetant un grain de blé, pouvaient lire l’avenir. Le nom de miroir lui a été donné car la forêt qui l’entourait était tellement dense que le vent n’y passait pas, rendant la surface de l’eau tout à fait immobile. Même si l’on ne croit pas au légende, on ne peut nier l’atmosphère étrange dans lequel baigne le Val sans Retour.

L'arbre d'Or

L’arbre d’Or

En septembre 1990, la forêt de Paimpont a brûlé pendant cinq jours. Après cette catastrophe, les dons ont afflué de toute la France pour financer le nettoyage et la replantation. Pour marquer cet évènement, l’artiste François Davin a créé l’Or de Brocéliande, souvent appelé « Arbre d’Or ». C’est un châtaignier doré à la feuille d’or (90 grammes d’or le recouvrent), et il est entouré de cinq arbres noirs qui symbolisent la forêt brûlée ainsi que toutes les forêts détruites par négligence ou profit. L’or symbolise l’immortalité, notamment celle de la forêt. L’Arbre d’Or est devenu la nouvelle légende de Brocéliande. L’artiste a voulu évoquer les bois d’un cerf des anciennes religions et symbolise Merlin.

L’hôtier de Viviane est situé près du Val sans Retour, un peu plus loin en s’enfonçant dans les sous-bois, à 191 mètres d’altitude. Appelé aussi « Tombeau des Druides », c’est un mégalithe datant d’environ 2500 av. JC. De nombreuses fouilles y ont été faites et ont permis la trouvaille de nombreux objets anciens comme une hache polie en dolérite, des tessons de poteries, des éléments en silex, des pointes et des bijoux rudimentaires.

Glossaire

 Abécédaire

Djinn : génie, lutin, esprit de l’air chez les arabes.

 Elfe : nom de génie de la mythologie du Nord qui symbolise probablement les forces de l’air, du feu, de la terre. Ce sont des esprits capricieux de dimension infimes mais d’une puissance redoutable. Ils sont soit bons (bienfaisants pour l’homme) soit mauvais (malfaisants pour lui). Les elfes féminins sont représentées comme des êtres ravissants. Les elfes masculins sont le plus souvent semblables aux nains et aux gnomes, donc assez difformes. Les fées celtiques peuvent se ranger dans la catégorie des elfes. Ils sont appelés elfe, alf, alfar, alb chez les Anglo-saxons, les Danois, les Islandais et les germains.

Fée : être surnaturel qu’on représente sous la forme d’une femme et qui est regardé comme jouissant d’une certaine puissance magique. La plupart du temps, les fées sont bienveillantes.

Gnome : personnage surnaturel très petit et difforme imaginé par les cabalistes. D’après la légende qui le concernait, le gnome possédait les secrets de la terre et animait les plantes et les animaux. Sa femme, la gnomide, est plus petite encore mais adorablement belle ; elle avait comme rôle dans la terre la garde des diamants. Le gnome s’attachait aux mineurs et les protégeait mais haïssait les autres humains. D’après le Talmud, le gnome coopéra à l’édification du temple de Salomon. En Allemagne, le gnome Rubezahl jouit d’une grande popularité dans les contes de Musaeus. le gnome passa au XVIème siècle dans le domaine de la poésie ; tel le Caliban de Shakespeare.

Lutin : esprit follet et malicieux qu’on disait venir la nuit pour taquiner ou quelquefois aider les gens.

Mélusine : personnage fabuleux, dont la légende a été contée pour la première fois dans dans un roman en prose, composé en 1387 par Jean d’Arras pour Jean, duc de Berry. Mélusine, fille d’Elinas, roi d’Albanie, et de Pressine, a reçu de sa mère qui était une fée le don d’avoir tous les samedis le bas du corps en forme de serpent. Mélusine épouse néanmoins le comte Raymondin, auquel elle fait promettre de ne jamais chercher à la voir le samedi. Elle bâtit pour lui le château de Lusignan et une foule d’autres. Ils vivent longtemps heureux ; mais un jour, à l’instigation de son frère, le comte de Forêt, il viole sa promesse et surprend le secret de Mélusine. Aussitôt, celle-ci se change en serpent et s’échappe par une fenêtre du château en poussant des cris de douleur. Depuis, elle reparaît et vient pousser des cris semblables sur les tours, quand les seigneurs de Lusignan sont près de mourir.

Morgane : personnage de la mythologie celtique. La fée Morgane était une fée de Sein, qui possédait le don de guérisons merveilleuses. Dans la Vie de Merlin, elle recueille le Roi Arthur après sa défaite, le guérit de ses blessures et le garde près d’elle. Elle joue le même rôle bienveillant avec d’autres héros dans Garin de Montglane, Ogier le danois, le Jeu de la Feuillée etc. Le personnage de Morgane devint populaire en Italie, où le peuple donna le nom de la fée Morgane (Fata Morgana) à un phénomène de mirage, qui se produit sur les côtes de Reggio et de Messine.

Nain : Dans la mythologie scandinave, le nain jouit de pouvoirs surnaturels ; il est une sorte de génie. Il joue un rôle capital dans les traditions et les épopées du Nord sous le nom de troll, hulder, lutin. On retrouve des nains à peu près partout où l’on retrouve des fées. D’après les croyances bretonnes, il existe des génies de la taille des pygmées : les teuz, favorables à l’homme ; les elfes, konigans, kornikaneds, korils, poulpikans qui dansent au clair de lune et cherchent à égarer et à faire mourir les passants. Ils gardent des trésors et sont habiles dans l’art de travailler les métaux ; c’est au fond des grottes, dans les flancs des montagnes, qu’ils cachent leur ateliers où ils forgent, damastiquent ces armes redoutables dont ils ont dotés les dieux et parfois les mortels. C’est ainsi que l’un d’eux, nommé Wieland en Allemagne et Galant en Gaule, a fabriqué Durandal, l’épée de Charlemagne.

Ondine : génie, déesse des eaux dans la mythologie nordique.

Les Parques : ce sont des déesses infernales au nombre de trois qui filaient, dévidaient et coupaient le fil de la vie des hommes. Elles avaient pour nom Clotho, qui présidait à la naissance et tenait le fuseau ; Lachésis, qui filait les jours et les événements de la vie et Atropos, lainée des trois sœurs, qui tranchait avec ses fatals ciseaux le fil de l’existence. Chez les Grecs, les Parques étaient appelées Moïrai. Chez les Romains, les Parques furent d’abord des divinités de la naissance, comme les Carmentes. Elles s’appelaient Parca pour la première, Nona et Decima, par allusion aux deux mois où expire la grossesse.

La Reine des Fées : poème d’Edmond Spenser, publié en 1590 et 1596. Cette vaste épopée allégorique se divise en six livres : le premier contient la légende du chevalier de la Croix-Rouge, qui symbolise la sainteté ; le second, la légende de sir Guyon (Tempérance) ; le troisième, la légende de Britomartis (Chasteté) ; le quatrième, la légende de Cambal et de Télamond (Amitié) ; le cinquième, la légende d’Artegall (Justice), et le sixième, la légende de sir Calidore (Courtoisie). Le récit de Spenser, coupé d’admirables descriptions se déroule au milieu de grands faits d’armes, d’aventures extraordinaires, de délivrances miraculeuses. Comme Shakespeare, Spenser a, d’un côté une imagination très vive et, de l’autre, le don d’exprimer sa pensée avec un art merveilleux, en une langue riche, variée et musicale. La Reine des Fées est écrite en stances de huit vers décasyllabiques, terminés par un alexandrin. C’est la stance spensérienne, imitée par Byron.

Sylphe et Sylphides : génies de l’air masculin et féminin des mythologie celte et nordique.

Troll : espèce de gnome ou d’esprit follet chez les peuples scandinaves.

Viviane : fée dont l’apparition se perd dans la nuit des traditions armoricaines. C’est elle qui enleva Lancelot du Lac, dont elle fit l’éducation. On attribue à Gauthier Map, trouvère anglo-normand du XIIème siècle, archidiacre d’Oxford sous Henri II, un roman écrit en prose où sont racontées les aventures de Lancelot et de Viviane.

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