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La peur de mourir : la peur de la vie ?

La peur de mourir est un sentiment typiquement humain. La vie s’organise autour de cet axe : la fin. On sait que toute chose prendra un jour fin sous la forme actuelle qu’on connait. Cette peur peut devenir angoisse démesurée, nous y reviendrons plus loin.
Et après ?
Mais si l’on y regarde de plus près, l’angoisse de la mort est un déplacement. Ce n’est pas la peur de ne plus être mais la peur d’être. Nous avons accès au commencement, il est “datable”, la vie poursuit son cours, nous en prenons plus ou moins conscience, en revanche ce que nous ne savons pas, c’est l’issu, le terme. Qui peut dire quand et comment il “mourra” ? Il existe un champ sémantique et métaphorique assez grand autour de l’idée de mort. La première fonction est de se rassurer sur la mort : quitter ce monde (sous entendu partir vers un autre). Est-il acceptable de penser qu’il n’y a rien avant et rien après. Est-il concevable de se dire : après la mort il n’y a plus rien, il ne reste rien de soi ? Visiblement cette idée peut paraître lourde de conséquences, cela reviendrait à dire que quoiqu’on fasse, cela ne sert à rien donc on prive de sens ce qu’il y a avant la mort c’est à dire le plus important au quotidien : la vie, sa vie. Par nature, l’Homme n’a qu’un objectif de vie, il est pour se reproduire, mais réduire le sens de la vie à la simple fonction de reproduction le ramène au staut d’animal. Or “doué” d’intelligence, il ne peut se résoudre à accepter cette simple “vocation”. Il se créé, plus ou moins justement, d’autres sens. Inconsciemment chacun sait qu’il n’est qu’infime élément dans un tout qu’il appelera en fait un “rien” à l’échelle humaine. Cette idée est forcément angoissante : “je suis, mais je ne suis rien”. Il n’aura donc de cesse de “construire”, “bâtir”, pour laisser traces de lui. Et c’est là qu’intervient la notion de temps. La vie est une durée non maîtrisable. On peut calculer une durée de vie moyenne, mais ce ne sont que des statistiques, une moyenne de tous, or ce qu’il y a de pire c’est d’être assimilé au reste, aux autres. Pris individuellement personne ne peut donc connaître le moment de sa fin. L’Homme peut-il être sûr qu’au dernier moment, “il aura servi” à quelque chose ?
Mourir ou souffrir ?

Souvent on entend : “ce n’est pas la mort qui me fait peur, mais la souffrance”. On ne peut pas avoir peur de la mort parce qu’on ne sait pas ce que c’est. La mort est une idée, un fantasme. Ce qui angoisse ce n’est pas de mourir mais de ne pas savoir. Alors que la souffrance est connue. Chacun a pu un jour où l’autre vivre une douleur, une souffrance, physique ou psychologique. Mais la douleur est bien quelque chose de conscient, on sait ce que c’est. De plus elle appartient à la vie. Lorsque quelqu’un meurt on dit : “il est parti sans souffrir”, ce qui démontre bien l’idée de se rassurer dans la mort. Et lorsque : “il a beaucoup souffert avant de mourir”, on a tendance, là encore dans un souci d’apaisement de l’esprit à rajouter : “il ne souffrira plus maintenant”. La mort comme une libération de la souffrance… Je pense qu’une partie de la réponse se situe à ce niveau. Est-il concevable d’envisager la vie comme une souffrance, quelque chose auquel on ne peut faire face.

En fait, c’est la vie qui n’est pas maîtrisable, “domptable”. C’est la vie que l’on subit et on tente de faire “au mieux”. L’aspect conscient d’une vie est infime comparé au côté “inconscient”.
La vie est comme un film, à la différence qu’un film lorsque commercialement il est rentable, on lui créé des suites. Qu’en est-il de la vie ? Qu’elle “marche” ou qu’elle ne “marche” pas, peut-on lui faire une suite ? Les religions tentent de répondre à ces questions : le paradis, la réincarnation…
Dormir est une pulsion de mort

Le sommeil, en psychanalyse, est une pulsion de « mort ». Il existe les pulsions de « vie », celles qui nous gèrent au quotidien et qui en général prennent le dessus. Le sommeil répond à une pulsion de mort (inactivité inconsciente où l’on ne maitrise plus rien, à commencer par ses rêves).
L’insomnie, c’est s’empêcher de répondre à cette pulsion de mort : moins vous dormez et plus inconsciemment vous vous persuadez que vous êtes encore en vie. C’est d’ailleurs le cas des bébés qui pleurent la nuit, bien souvent pour répondre à l’angoisse des parents : dire que tout va bien, « tu vois maman, c’est la nuit et je suis en vie, alors rassure-toi, il ne m’arrive rien ». Pourtant le sommeil répond à un besoin physiologique. Paradoxe de la situation, si l’on ne dort pas on finit par mourir.

La peur de la mort n’est pas la même chose que la peur de mourir. La mort est prise comme entité, représentée et nommée comme s’il s’agissait de quelqu’un. Certaines légendes la représente comme “la faucheuse”, elle vient et vous emporte : ce n’est pas vous qui décidez et c’est là que l’angoisse prend son sens. Comme si c’était quelqu’un qui décidait pour vous le moment où vous ne serez plus sans finalement vous “demander votre avis”, or sa vie n’est ce pas le principal élément de soi ? Sans la vie on ne peut être. La peur de la mort ce serait la peur de ce qui est “nommable” sans pour autant prendre un sens concrêt, un voyage vers l’inconnu que l’entendement ne pourrait atteindre. La peur de mourir est plus à rapprocher d’un déplacement de l’angoisse de vie.

La mort comme moteur de vie

Alors que faut-il faire ? Ces angoisses sont nécessaires à la continuation de la vie car elles repoussent et déplacent l’inacceptable du quotidien. Tout le monde (même si certains prétendent le contraire) a peur de la mort, de mourir. Ces peurs peuvent se matérialiser de mille et une manières différentes. Lorsque l’angoisse est démesurée, de nature phobique, en parler voire consulter peut, non pas atténuer, mais permettre de mieux “vivre” avec cette idée, accepter finalement une angoisse et s’apercevoir qu’elle est un moteur dans le développement de soi et surtout indispensable à la vie.

La Phobie

Nous avons tous nos peurs, nos angoisses, nos phobies. A croire qu’il s’agit là d’un élément essentiel et constituant de notre être. Peut-on assimiler une peur à une phobie ? La phobie est une angoisse démesurée face à la réalité d’un danger : par exemple la souris, la réaction devant cet animal peut prendre des proportions hors du commun alors que le danger réel n’est que très limité. Une peur est une angoisse, elle devient phobique lorsque le danger encouru n’a pas à première approche de lien direct avec celle-ci. En fait toute angoisse a besoin de trouver un support. Comme si l’être humain dans le plaisir ou le déplaisir avait besoin de trouver un équilibre. Lorsqu’une angoisse est générée, il est indispensable de savoir à quoi elle se rapporte. Se retrouver face à face avec un tigre affamé peut générer une peur compréhensible et imaginable. Ressentir la même chose face à une araignée inoffensivetrouve difficilement une explication logique et immédiate dans la motivation de cette peur. 

L’angoisse est un signal

L’angoisse est un processus naturel. Il fait partie du domaine de l’affect. Sinterroger avec inquiétude de la stabilité de son emploi, se demander anxieusement pourquoi son enfant n’est pas encore rentré, pourquoi il a une heure de retard sans savoir où il est… Toutes ces peurs sont quotidiennes… L’angoisse est le niveau supérieur de l’anxiété, comme si il y avait une graduation dans l’intensité de ce que nous pouvons ressentir. La sonnerie du téléphone retentit, elle vous indique que quelqu’un cherche à vous joindre, vous saurez qui vous appelle seulement lorsque vous aurez décroché ou lorsque le numéro (si il est connu) de la personne s’affichera sur votre écran. Il en va de même pour l’angoisse. On dit bien “sentir une angoisse monter”. Elle est un signe que quelque chose en vous, comme un signal, a un caractère déstabilisant sur lequel il faut s’arrêter et nécessite de le résoudre. L’acceptation de cette problèmatique et sa solution suffisent bien souvent à faire disparaître l’angoisse.

La phobie est l’ignorance de l’angoisse

Tout autour de nous, voire soi-même, nous connaissons tous un phobique. Parmi les phobiques les plus fréquents : les animaux sont d’ailleurs un domaine de prédilection : la souris, l’araignée et une multitude d’insecte, les reptiles (serpents par exemple), les pigeons… la liste est longue La peur du vide, de l’enfermement, de l’eau…

Ne pas pouvoir ou ne pas savoir sur quoi faire reposer une angoisse à des conséquences telles que l’être humain ira joindre cette angoisse à une réalité. Etre traumatisé mais ne pas savoir de quoi, pourquoi est un état qui ne peut perdurer sans gravité. Un support est alors trouvé. La phobie de l’eau est en fait l’angoisse provoqué par un traumatisme ou plutôt un événement que l’on a vécu de manière traumatisante que l’on ignore et que l’on a déplacé sur l’eau. Souvent la phobie trouve son origine dans un traumatisme de l’enfance. Par exemple une petite fille de six ans a renversé un verre d’eau lorsqu’elle était à table avec ses parents. Son père lui a mis une gifle… Elle a vécu cela comme un traumatisme mais où était le traumatisme ? Dans le fait d’avoir renversé son verre où dans l’incompréhension de la gifle reçu ? Et puis le temps passe et nous retrouvons notre petite fille adulte, phobique de l’eau… Sa mémoire lui a bien sûr fait oublier cette gifle, et seul un résidu de l’action du verre renversé subsiste. Bien qu’elle ne se souvienne plus de ce repas, de ce verre, de cette gifle, le traumatisme lui a persisté, l’angoisse s’est trouvé l’eau comme support. Dans cet exemple de phobie, l’eau est un point commun… Au travers d’une analyse, cette femme peut retrouver la source de cette phobie et remettre à son juste support l’angoisse sur un traumatisme. Dans d’autres phobies, la souris ou le serpent, il est rare de retrouver l’animal lui-même à l’origine de l’angoisse et c’est là que va intervenir la symbolique (voir chapitre sur la symbolique de la phobie)

Peut-on retrouver seul l’origine exacte de sa phobie ?

La peur panique de la souris est créé par soi-même suite à une non-réponse, à un événement vécu comme traumatisant sans se souvenir de cet événement. L’oubli n’est pas le fait du hasard, il correspond à un moment donné à un besoin. Notre petite fille a eu besoin d’oublier le verre et la gifle de son père. Le déplacement qui s’en est suivi sur l’eau est la résultante d’une nécessité de nommer une angoisse pour qu’elle existe, de passer par une représentation symbolique de celle-ci afin de maintenir un “équilibre mental”. Vous me direz mais pourquoi alors avoir besoin d’oublier et de déplacer cela sur l’eau alors qu’il serait plus simple de pouvoir apposer ce qu’on a vécu de traumatisant sur l’événement réel ? Tout simplement parce qu’entre en jeu le domaine de l’inconscient, domaine que l’on peut explorer seul. Retrouver la source d’une phobie est parsemé de résistances que l’être humain a mis lui-même en place pour s’empêcher de retrouver son origine. Un travail thérapeutique de type freudien mènerait bien sûr à l’histoire du verre renversé, mais prendrait également en compte le pourquoi de la nécessité de conduire à la phobie et à la compréhension de chacune des barrières que nous avons mises en place pour ne plus pouvoir parvenir à ce père et à cette gifle.

Se débarrasser d’une phobie

Il existe bien sûr plusieurs méthodes thérapeutique pour “supprimer” une phobie, la PNL (Programmation Neuro-linguistique), les thérapies Ericksonnienne (hypnose) supprimeront la phobie mais ne s’attaquera pas à l’angoisse elle-même, qui rappelons-le doit obligatoirement porter un nom, est apposé à quelque chose. Souvent la phobie disparaitra donc mais le phobique aura toujours ce besoin de déplacer son angoisse. ce qui reviendrait à une phobie pour une autre… ? Dans certains cas pourquoi pas, si ce vers vers quoi de nouveau, l’angoisse est déplacée est moins “invivable”, “insurmontable”, ces techniques peuvent être une résolution temporaire mais n’ira pas à la source réel de la problèmatique.

La seule et réelle soution consiste à entreprendre un travail analytique, une introspection de soi qui menèra au-delà de la phobie et fera ressurgir et comprendre bon nombre de traumatismes enfouis. Cette démarche peut prendre plusieurs années mais elle apporte cette liberté de choix et de soi.

Le Rêve

S’il est bien un domaine où personne n’échappe, c’est bien celui du rêve. En effet il est prouvé scientifiquement qu’un être humain ne rêvant pas pendant trois jours meurt ! Pourtant certaines personnes sont persuadées de ne jamais rêver… Beaucoup de choses ont été dites sur les rêves, l’art de dormir, l’interprétation etc… Il serait bon avant d’aller plus loin de donner quelques explications.

Le rêve et la pulsion !

Le rêve répond à une pulsion de mort, il n’est pas simplement le prolongement du sommeil mais un autre état de la conscience. Une déconnexion du contact à la réalité où la pulsion s’exprime. Ce domaine est beaucoup étudié par les chercheurs, médecins et autres, en effet le trouble du sommeil, les «nuits agitées» ont des incidences qui peuvent se révéler graves sur le psychisme de l’individu au quotidien.Aussi nombres d’études et de travaux ont été réalisés sur les animaux comme sur les humains. Je n’ai pas vocation ici à faire de la théorie scientifique et tenterai de simplifier au maximum.

A commencer par le nombre de rêve par nuit : là, il n’y a pas unanimité si ce n’est que cela se compte en plusieurs dizaines alors qu’au réveil, l’individu s’en souvient de zéro à trois en moyenne. Puis la durée de celui-ci. Lorsqu’on se remémorre un rêve, bien souvent il s’agit d’une histoire qui racontée peut prendre plusieurs minutes. Pourtant le laps de temps qui s’écoule réellement n’est que de quelques millième voire dizième de seconde. Un exemple serait peut être plus significatif.

Le rêve prolongement de la réalité !

Des travaux ont été effectués sur des hommes et femmes afin d’analyser leur comportement et le mécanisme du rêve. Un homme est dans son lit, il dort… On lui jette de l’eau au visage, il se réveille brutalement, on lui demande de raconter son rêve. S’en suit alors un long récit de week-end à la campagne avec plein d’amis, un repas, des dialogues, quelques événements, le tout se finissant au bout de quelques minutes par un plongeon dans la piscine. Visiblement, vu la cohérence du rêve, ce n’est pas celui-ci qui a évolué vers un rapport avec la réalité et un «liant» à l’eau mais plutôt l’eau jetée au visage qui a induit totalement ce rêve. Autrement dit entre le moment où l’eau a touché l’individu et la perception consciente de ce qui se passait, il s’est peut être passé seulement un millième de seconde. Il s’agit en fait d’une forme de réflexe : courant électrique qui traverse le corps puis analyse du cerveau pour la compréhension de l’événement. Il en va de même pour une douleur, aussi minime soit le temps pour «réaliser» ce qui se passe, il existe néanmoins. La durée de la prise de conscience d’eau dans notre exemple a suffit à générer un rêve construit s’étalant dans la durée. Un autre exemple vient confirmer ceci : un homme dort, on laisse tomber à la base de son coup une tringle à rideau, il se réveille et raconte. L’histoire se déroule pendant la révolution française, le récit dure plusieurs minutes et se termine sur la guillotine comme on aurait pu deviner.

La durée du rêve est donc consciemment imperceptible, ce qui est explique d’une part «le rêve éveillé», le moment d’absence en journée. D’autre part, à ceux qui ne rêvent jamais et ne sont pourtant pas «morts», il y a rêve sans forcément cosncience du rêve, il y a rêve sans forcément sommeil au sens traditionnel du terme.

Une autre expérience, plus amusante celle-là a consisté à démontrer scientifiquement que les animaux rêvaient. Ceux qui possèdent des animaux de compagnie ont du s’apercevoir de ce phénomène. Des capteurs ont été posés sur des chats pour aller plus loin dans la recherche. A quoi peut donc rêver un chat. Pour l’être humain cela est simple (quoique non mais nous verrons pourquoi plus bas), il lui est possible de le raconter. L’animal lui, ne peut nous raconter ce dont il a rêvé. Ces capteurs ont étudié le comportement du chat durant la journée, les réactions cérébrales lorsqu’il mangeait, courait, avait peur, jouait etc… permettant «d’imprimer» des graphiques bien spécifiques à chaque événement. Pendant le sommeil du chat qui, c’est connu, dort en moyenne 18 heures par jour, l’expérience s’est poursuivie, imprimant également des courbes, résultat : le chat rêve… de la souris ! En effet la courbe était exactement la même que lorsqu’il chassait une souris… On retrouve dans le sommeil du chat la reproduction d’événements de son activité réelle.

Et si l’on rêve que l’on meurt ?

Et bien la réponse est simple, on meurt vraiment. Pourtant nombre d’entre nous ont déjà rêvé de la mort ou de sa propre mort. Un rêve récurrent consiste à tomber d’une falaise, de recevoir un coup de feu etc… Pourtant si l’on regarde bien, l’individu se réveille toujours avant d’avoir touché le sol, avant d’expirer, pour notre exemple précédant, notre «cobaye» s’est réveillé avant que sa tête ne quitte ses épaules. Je vous parlais de rêve en tant que pulsion de mort, mais la pulsion de vie est heureusement présente pour rétablir la situation et cela se traduit par un réveil bien généralement brutal. Si sa propre mort est effective en rêve, elle l’est également dans la réalité. Et bien heureusement seulement une seule fois dans sa vie…

Le rêve comme phénomène

Ce domaine avant d’intéresser les psychanalystes, était l’apanage de «marchands de rêves», de machines à fric. En effet, un énorme commerce s’est développé autour du rêve. On ne compte plus les «proverbes», maximes et autres incorporant ce mot. On a déjà opposé rêve et cauchemard… L’un étant bon, l’autre mauvais. Le rêve a pris un autre sens et substitué au mot «désir», «aspiration» à être. «Mon rêve serait d’avoir une maison», le rêve en tant qu’objectif.

La psychanalyse a montré, que sans le savoir rêve était synonyme de «désir» non en tant que but mais en tant que pulsion… Le rêve est l’expression d’une pulsion et celle-ci ne connait pas les notions de Bien et de Mal.

La Jalousie

Qui pour soi-même voire dans son entourage n’a pas utilisé ce mot : jalousie, à l’adresse de quelqu’un ? Je tiens avant de commencer à apporter une précision. Souvent on confond jalousie et possessivité, ce sont deux concepts bien distincts. La jalousie appartient au domaine de la névrose, elle est une angoisse sur la fidélité de l’autre. La possessivité, névrose également, correspond au besoin d’appropriation de l’autre. La différence tient essentiellement dans ce que l’un est projection, la jalousie, l’autre tient plus d’une problématique à la mère récurrente dans sa relation avec autrui. Cela peut sembler difficile d’approche, mais vous le verrez il n’en est rien.

La jalousie est une angoisse

Mettons en scène un couple : un mari, une femme… Postulons un mari jaloux… Autrement dit chaque occasion est l’objet pour celui-ci d’une théatralisation d’événements… Il imagine sa femme dans d’autres bras, avec un amant… Chaque regard qui se porte sur elle donne lieu à des “scènes de jalousie” : “pourquoi il te regarde ainsi ? qu’est ce que tu lui as fait pour le provoquer ?”, les exemples ne manquent pas et je pense que chacun peut en trouver de par son propre vécu. La jalousie consiste donc à imaginer des situations, des relations, des comportements de l’être aimé avec d’autres personnes. Plus haut je parlais de “projection”, pourquoi ? Certes les propos qui vont suivre vont certainement révulser toute personne jalouse et éclairer d’une manière un peu brutale la “victime” de ces actes de jalousie…

Tout ce que le “jaloux” attribue à l’autre n’est que projection d’un propre désir inconscient. Le mari jaloux, pour reprendre notre exemple, est en fait en proie à des désirs inconscients “d’infidélite”… Ces désirs dans le cadre de la pulsion sont tout à fait fréquents et “normaux”, il ne faut pas confondre : désir et réalisation du désir (voir chapitre du même nom)… Mais cette pulsion inconsciente est insupportable… de par son mode de fonctionnement conscient, éducation, etc. Rendre conscient une telle pulsion par une forme directe apporterait une angoisse et un traumatisme où l’être en question ne pourrait “vivre avec”. La solution qui s’ouvre à lui reste donc la projection : je projète mes propres désirs inconscients sur l’autre. Finalement tout ce qui est attribué à l’autre est le reflet d’une pulsion propre à soi même.

La nature de cette projection, sa mise en scène nous donne des indications sur l’essence de la pulsion projetée. Il n’existe pas une jalousie mais des formes multiples de jalousie qui se matérialisent pour notre mari jaloux par des projections de type : infidélité de l’autre à différents degrés, du simple regard porté sur un autre au passage à l’acte en passant par de nombreux autres débordements d’imagination.

Etre deux à s’entendre

Accepter cette idée de projection n’est pas évidente. Le mari jaloux niera cet état de fait, ne peut admettre que ce soient ses propres désirs qu’il approprie à l’autre. Pourtant la démarche ne peut être que stabilisante au niveau du couple. En effet la jalousie est souvent associée au qualificatif “trop”. “Mon mari est trop jaloux, ma femme est trop jalouse, il (elle) me rend la vie impossible”. Et il n’est pas rare d’en arriver à voir des relations se dégrader voire se rompre pour de “la jalousie”.

L’autre, cible ou victime, ne doit pas comprendre dans ses lignes : “ah donc c’est toi qui désire me tromper”, ce qui aggraverait une communication déjà fragile mais plutôt entamer un dialogue. Cette pulsion est par définition inconsciente, on pourrait parler à la limite de pulsion animale que le conscient, l’être dit civilisé, exempt de tout reproche, ne peut maîtriser. Le dialogue permet la réflexion sur soi-même, certes il n’apportera pas les réponses d’un domaine inaccessible mais il permet l’apparition de la tolérance. Savoir ce qui appartient réellement à l’un ou à l’autre est indispensable. Cheminer vers “pourquoi ai-je besoin d’être jaloux ?” puis “pourquoi ai-je ces désirs que j’attribue à l’autre” permettent bien souvent d’améliorer son rapport à l’autre et souvent soulève d’autres questions qui finalement n’avaient aucun rapport avec un “désir d’infidélité”.

On ne peut “aider” quelqu’un si la demande de ne vient pas l’autre. On ne peut être aidé malgré soi. L’homme ou la femme jaloux(se) exprime une angoisse, c’est elle qu’il faut entendre et non pas les mots exprimés qui traduisent d’une manière déformée celle-ci. Car il ne faut pas s’y méprendre, être jaloux fait souffrir l’autre mais surtout celui a besoin de cette projection vers l’être qui lui est le plus cher, l’être aimé, sa raison d’être.

Le mensonge

 

Le mensonge : expression des vérités

Pour tous, le mensonge est une affirmation contraire à la vérité, faite avec l’intention de tromper. Cette capacité à mentir est souvent prise et comprise comme un vil défaut. On sait ce qu’est finalement le mensonge, tout le monde y a eu recours un jour ou l’autre, par besoin, nécessité ou simplement pour ne pas “avouer” une vérité. Il y a également le mensonge par omission, le petit mensonge ou le gros mensonge. D’acoutumée, une distinction est faite, il n’y a pas un mensonge mais des mensonges classés dans différentes catégories, avec différents degrés d’acceptation. Cet ouvrage tente de démontrer qu’il n’y a pas une vérité mais des vérités, qu’il n’y a pas une réalité mais des réalités. Tout est question de perception. Ce qui sera vrai pour moi ne le sera pas forcément pour autrui. Ce que je perçois, ma façon de ressentir et de vivre les choses ne sera pas vécu de la même manière par quelqu’un d’autre. Il en va de même pour le mensonge. Nous verrons qu’il perception décalée de la réalité. Le mensonge est un moyen de communication comme un autre, un discours à un autre degré. Lorsque le dialogue ne peut se faire au premier degré, c’est à dire en relatant un fait par une réalité et vérité communes à tous, il est déplacé vers un autre moyen d’expression. Que ce soit vis à vis de soi-même : on peut se mentir, ou vis à vis des autres : on ment aux autres. Le mensonge ne doit pas être forcément pourchassé et combattu. Il se doit avant tout d’être entendu puis expliqué. Et cela commence dès le plus jeune âge…

Déja tout petit…

Si vous êtes parents, vous avez pu constater chez votre enfant, dans ses premières années, un “passage”, une période pendant laquelle votre fils ou votre fille se mettait a beaucoup mentir. La première réaction est de le gronder voire de le punir, de lui dire “ce n’est pas bien de mentir”. Quelques fois les parents expliquent pourquoi “ce n’est pas bien de mentir”, mais cela ne va guère plus loin. Or le mensonge chez l’enfant est tout à fait normal. Il s’agit d’une phase de sa construction. D’ailleurs lorsqu’un enfant de 4 ans ment, son attitude est facilement décelable, la différenciation entre réalité et mensonge est assez facile à faire, comme si le mensonge n’était pas “élaboré”. L’enfant raconte ce qu’il a fait, ce qu’il a vu soit en l’éxagérant soit en l’inventant purement et simplement. L’enfant dans la construction de son “moi” prend dans son environnement, il s’identifie au père, à la mère mais aussi à des animaux, des choses. La part de l’imaginaire, du symbole est très importante également. L’impact du conte de fée, des histoires qu’on lui raconte, ont également leur part. L’enfant parce qu’il ne sait pas encore faire la différence entre la réalité et l’imaginaire mêle régulièrement ces deux univers entre eux. Il projète son désir d’être avec ce qu’il est. Je pense qu’il faut vraiment prendre cette période comme quelque chose de positif, de constructif avec bien sûr des limites. Le mensonge de l’enfant dans cette période est naturel lorsqu’il intègre l’imaginaire au réel. Ensuite celui-ci évolue, il est réalité déformée. Ce n’est plus un embellissement de la vérité mais une négation de la vérite. Lorsqu’il est utilisé comme moyen de défense par exemple, il fait une bêtise puis la nie. Mais cette possibilité à nier lui a été donné par son environnement, il ne peut l’inventer seul. La peur va peut être le pousser à mentir. Souvent d’ailleurs le mensonge ne résoud rien parce qu’il est mensonge d’enfant, il n’est pas encore assez “grand” pour “savoir mentir”.

Le mensonge : médium de communication

Le mensonge exprime une vérité qui ne peut être formulée autrement que par ce biais pour de multiples raisons. Pour l’enfant qui a fait une bêtise, la peur d’être puni peut déclencher le mensonge. Il exprime alors deux vérités, deux réalités : la première est un aveu indirect de sa faute, la deuxième est la peur des conséquences de celle-ci. Le parent lui va prendre le mensonge au premier degré comme une négation de la vérité et va donc justifier sa peur : la punition qui dans ces cas là devient double : la bêtise et le mensonge. Il y a en fait toute une éducation à faire autour du mensonge ou plutôt tout un discours à mettre en place. Le mensonge peut permettre un élargissement de la communication, comme nous l’avons vu, il permet d’exprimer plusieurs réalités en même temps. Il s’agit de commencer cet apprentissage dès le plus jeune âge, car vous savez que le mensonge évolue, qu’il peut devenir dans certains cas un “art” voire une arme. Justement sommes-nous bien armés face au mensonge ? Vous me direz qu’il est facile d’entendre ce qu’exprime réellement un mensonge lorsqu’il est perceptible. Mais lorsqu’on ne sait pas que celui qui s’adresse à nous, ment, comment fait-on ? Est-ce réellement important ? Le menteur de tous les jours, a besoin d’un auditoire. Je pense qu’il faut être deux pour qu’il y ait mensonge. Un pour mentir, un pour entendre le mensonge, y croire, se laisser “berner”. Le menteur va utiliser cette “naiveté” naturelle de l’autre pour faire passer son message.

Détecter le mensonge ?

Parce que le mensonge est facilement décelable, identifiable… S’il est pris comme une vérité, ce que l’autre avait besoin de l’entendre comme telle. Au besoin il existe quelques techniques pour détecter le mensonge dans un discours, mais est-ce bien nécessaire ? Je vous en donne un : les mouvements occulaires. Tout ce qui est dit est généralement pensé auparavant, surtout lorsqu’il s’agit du mensonge parce que “énergétiquement”, il consomme beaucoup plus que le simple fait de relater une vérité simple. Le mensonge doit d’abord prendre en considération la vérité que l’on doit masquer ou modifier, puis il y a construction de l’esprit, modification de cette réalité, “enrobage” par exemple. La PNL (programmation neur-linguistique) a mis en évidence que lorsque il y avait contruction phrasée de l’esprit, création d’une nouvelle réalité, les yeux partaient automatiquement sur le côté gauche ou droit selon qu’on soit droitier ou gaucher. Un “petit truc” parmi d’autres…

Quelle est la névrose du menteur ?

Pourquoi le mensonge ? Pourquoi quelqu’un est-il amené à mentir ? C’est dans l’écoute de son mensonge que l’on entend et comprend ce que la personne dit réellement. Le mensonge répond bien sûr à une névrose, et si le mot peut choquer certains, nous dirons qu’il répond à un besoin. Il existe, nous l’avons vu, différents types de mensonge mais finalement ils retraduisent tous une “image de soi” (voir le chapître “moi et mon image”). Il y a la perception que l’on voudrait que les autres aient de nous : un moi “meilleur”, différent d’une certaine réalité, un moi “idéal”… Mais ce désir de vouloir être perçu différemment traduit en fait la non-acceptation de certains éléments de soi. Il répond à des traumatismes de la petite enfance et bien souvent est le reflet d’une idée de perception de son père ou de sa mère. Le menteur a une problématique à l’un des parents. Il n’est pas à ses propres yeux (et non pas forcément aux yeux de ses parents) comme il aurait voulu être. Il y a un sentiment de déception, on perçoit justement ou injustement que l’on est pas à l’image d’un moi idéal symbolisé par ses propres parents. Ce sentiment de ne pas être véritablement soi ou celui que l’on aurait dû être va pousser à créer un deuxième moi, une des composantes de la schizophrénie. D’ailleurs le mensonge peut mener dans certains extrêmes des aspects pathologiques de la mythomanie. Et nous en revenons une fois de plus à l’expression de la pulsion. Le mensonge est une projection de soi au travers d’un dire, une forme codée d’expression de l’inconscient au même titre que le lapsus. Il est l’expression d’un manque.

Apprendre à entendre le mensonge

Il suffirait de se rééduquer, de réapprendre à communiquer pour que l’autre puisse entendre ce qui est exprimé dans le mensonge. Les relations avec autrui s’en trouveraient améliorées. Le mensonge n’est pas la négation d’une vérité mais l’expression de nombreuses réalités propres à soi. Il faut aller au-delà des mots, au-delà du sens premier. Le mensonge n’existe que parce qu’il y a des gens qui sont prêts à croire au mensonge, à transformer ce qui est mensonge en réalité. Si chacun entendait le mensonge, le menteur n’aurait plus besoin d’utiliser ce mode de communication et pourrait enfin exprimer ses réalités l’une après l’autre et non plus confondues en une seule. Un objectif qui malheureusement me semble loin d’être atteint parce qu’il pose la question : pourquoi j’accepte que l’on me mente ? Il ne faut pas oublier que le menteur a besoin de quelqu’un pour le croire. Si tel n’est pas le cas, celui-ci n’a plus de raison d’être. On fustige le menteur, est-ce véritablement sur lui qu’il faut s’interroger ?

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