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L’Histoire du Nouvel an.

La célébration du Nouvel An est la plus vieille célébration au monde. La toute première daterait de plus de 4000 ans et était célébrée à Babylone. La nouvelle année commençait alors avec la première Nouvelle Lune qui suivait le solstice de printemps.

Le début du printemps est en effet un moment logique pour commencer la nouvelle année. Car après tout c’est la saison de la renaissance, le moment où l’on plante la nouvelle récolte et où les plantes refleurissent. Les célébrations babyloniennes du Nouvel An duraient onze jours. On y célébrait le dieu Mardouk qui protégeait les récoltes. Chaque jour avait sa propre célébration, et il est certain que nos festivités modernes de la Saint-Sylvestre sont bien pâles en comparaison.

En 46 Av. J-C, Jules César, établi le Calendrier Julien, le 1er janvier représente alors le jour du Nouvel An et pour synchroniser le calendrier avec le soleil, César a dû créer une année de 445 jours. Les Romains dédiaient ce jour à Janus, Dieu des portes et des commencements.

A la chute de l’empire romain, cette tradition tend à disparaître pour reprendre au Moyen Âge. Mais les dates sont différentes selon les pays, pour les Anglais le nouvel an avait lieu en mars, pour les Français le dimanche de Pâques et pour les Italiens à Noël.

Il faut attendre l’instauration du calendrier grégorien par le pape Grégoire XIII en 1582 pour que l’année commence le 1er janvier sans avoir à jouer avec les dates.

Les Traditions autour du nouvel an

Les bonnes résolutions : C’est l’une des plus importantes traditions de cette période. Là aussi cette coutume date des Babyloniens. Si nos résolutions modernes les plus populaires sont celles d’arrêter du fumer ou de faire du sport, sous Babylone, la résolution la plus populaire était celle de rendre l’équipement agricole emprunté.

L’échange de présents : Dans la Rome antique on s’échangeait des pièces et des médailles à l’occasion du changement d’année. Ces présents étaient des échanges de bons présages pour l’année à venir et des gages d’amitié entre romains.

Les cartes de vœux : C’est au Moyen âge que la carte de vœux fait son apparition. On envoyait alors un petit présent à sa famille en l’accompagnant d’une lettre de vœux peinte à la main. Cette tradition a complètement disparu au XVI ème siècle pour revenir en force XVIII ème siècle.

La première carte de vœux moderne est anglaise. Elle date de 1843 et a été dessinée par John Calcott. Dès 1860 l’envoi des cartes de vœux remporte un franc succès et se généralise partout.

S’embrasser sous le gui : Ce geste est lui aussi un héritage des traditions et croyances anciennes. Le feuillage vert et persistant du gui lui conférait des pouvoirs surnaturels, car son feuillage « ne mourrait jamais ». Pour les druides le gui portait bonheur. Il avait aussi d’autres pouvoirs qui permettaient aux femmes d’avoir des enfants, qui garantissaient de bonnes récoltes et protégeait du mauvais sort. Aujourd’hui, nous avons gardé l’habitude de nous embrasser sous le gui, le soir du réveillon de la nouvelle année, afin de connaître le bonheur sentimental et le mariage pour les célibataires.

Manger certains produits : Beaucoup de cultures pensent que manger quelque chose en forme d’anneau apporterait la chance. En effet le cercle symbolise l’achèvement du cycle d’une année. Ainsi, les hollandais mangent des beignets ronds (les donuts) le jour de l’an afin d’avoir de la chance durant toute l’année.

En Espagne : A chaque coup des 12 coups de minuit, on mange un grain raisin.

En Italie : On mange des plats spéciaux, censés apporter richesse et abondance. Ces sont en général des brioches, des plats de lentilles ou des gâteaux enrobés de miel.

En Russie : Pendant les 12 coups de minuit, on boit du champagne. Ensuite, à la fin des 12 coups, on ouvre la porte ou la fenêtre afin que le nouvel an entre dans la maison.

Dans les pays musulmans le nouvel an est hégirien. En Algérie et dans le Maghreb, il existe un nouvel an rattaché au calendrier amazigh : Yennaer.

En Chine : Le nouvel an est fêté entre le 21 janvier et le 20 février. Comme le calendrier chinois est un calendrier luni-solaire, la date du Nouvel An chinois varie d’une année sur l’autre.

Au Cambodge : Le Nouvel An est fêté du 13 au 15 avril.

Le nouvel an persan : Norouz, est célébré depuis au moins 3000 ans et découle de rituels et de traditions du Zoroastrisme. Aujourd’hui, cette fête est célébrée dans les pays qui ont été soit conquis soit influencés par l’Empire Perse. On trouve bien sûr l’Iran, mais aussi l’Irak, l’Afghanistan, certaines parties du Moyen-Orient ainsi qu’au Tadjikistan, en Ouzbékistan, en Azerbaïdjan, au Kazakhstan, et au Kyrgyzstan. Cette fête est aussi célébrée par les Parsis zoroastriens d’Inde et de Turquie. Certaines communautés la célèbre le 21 mars, d’autres le jour de l’équinoxe vernal, qui a lieu le 20, 21 ou 22 mars.

Histoire de la poésie.

Origines:

Le mot poésie vient du grec ποιεῖν (poiein) qui signifie « faire, créer » ; le poète est donc un créateur, un inventeur de formes expressives, ce que révèlent aussi les termes du moyen âge trouvère et troubadour.

Dans l’Antiquité grecque toute expression littéraire est qualifiée de poétique, qu’il s’agisse de l’art oratoire, du chant ou du théâtre : tout « fabricant de texte » est un poète comme l’exprime l’étymologie. Les philosophes grecs cherchent à affiner la définition de la poésie et Aristote dans sa Poétique identifie trois genres poétiques : la poésie épique, la poésie comique et la poésie dramatique. Plus tard les théoriciens de l’esthétique retiendront trois genres : l’épopée, la poésie lyrique et la poésie dramatique (incluant la tragédie comme la comédie), et l’utilisation du vers s’imposera comme la première caractéristique de la poésie, la différenciant ainsi de la prose, chargée de l’expression commune que l’on qualifiera de prosaïque.

Le mot poésie évoluera encore vers un sens plus restrictif en s’appliquant aux textes en vers qui font un emploi privilégié des ressources rhétoriques, sans préjuger des contenus : la poésie sera descriptive, narrative et philosophique avant de faire une place grandissante à l’expression des sentiments.

En effet, première expression littéraire de l’humanité, utilisant le rythme comme aide à la mémorisation et à la transmission orale, la poésie apparaît d’abord dans un cadre religieux et social en instituant les mythes fondateurs dans toutes les cultures que ce soit avec l’épopée de Gilgamesh, (3e millénaire avant JC) en Mésopotamie, les Vedas, le Ramayana ou le Mahabharata indiens, la Bible des Hébreux ou l’Iliade et l’Odyssée des Grecs.

Parallèlement à cette poésie épique des origines constituée de texte longs et narratifs, existe une poésie liturgique qui renvoie à la célébration divine par le poète inspiré dont les sociétés ritualiseront les textes sous forme de psaumes, d’hymnes, de sourates… . Dans un espace plus sécularisé se développeront aussi, en prenant appui sur le chant, l’élégie et la tragédie qui expriment le cœur et le destin des hommes. S’ajoutera sans doute en même temps le jeu sur le mots avec les comptines, les berceuses et autres créations ludiques qui donneront par exemple le nonsense anglosaxon.

Entre Apollon et Dionysos:

La poésie est marquée par l’oralité et la musique de ses origines puisque la recherche de rythmes particuliers, comme l’utilisation des vers, et d’effets sonores, comme les rimes, avait une fonction mnémotechnique pour la transmission orale primitive. Cette facture propre au texte poétique fait que celui-ci est d’abord destiné à être entendu plutôt qu’abordé par la lecture silencieuse.

Placées sous l’égide d’Orphée et d’Apollon musagète, dieu de la beauté et des arts, et associées à la muse Erato, musique et poésie sont également étroitement liées par la recherche de l’harmonie et de la beauté, par le Charme, au sens fort de chant magique. La création poétique hésitera cependant constamment entre l’ordre et l’apaisement apolliniens qu’explicite Euripide dans Alceste : {Guil|Ce qui est sauvage, plein de désordre et de querelle, la lyre d’Apollon l’adoucit et l’apaise}} et la « fureur dionysiaque » qui renvoie au dieu des extases, des mystères, des dérèglements et des rythmes des forces naturelles que l’on découvre par exemple dans le Dithyrambe de l’Antiquité grecque.

Fonction poétique:

En linguistique, la poésie est décrite comme un énoncé centré sur la forme du message donc où la fonction poétique est prédominante. Dans la prose l’important est le « signifié », elle a un but « extérieur » (la transmission d’informations) et se définit comme une marche en avant que peut symboliser une flèche et que révèle la racine latine du mot qui signifie « avancer ». En revanche, pour la poésie, l’importance est orientée vers la « forme », vers le signifiant, dans une démarche « réflexive », symbolisée par le « vers » qui montre une progression dans la reprise avec le principe du retour en arrière (le vers se « renverse ») que l’on peut représenter par une spirale.La poésie ne se définit donc pas par des thèmes particuliers mais par le soin majeur apporté au signifiant pour qu’il démultiplie le signifié : l’enrichissement du matériau linguistique prend en effet en compte autant le travail sur les aspects formels que le poids des mots, allant bien au delà du sens courant du terme « poésie » qui renvoie simplement à la beauté harmonieuse associée à une certaine sentimentalité. L’expression poétique offre cependant au cours de l’Histoire des orientations variées selon la dominante retenue par le poète.  Le vers La mise en page du texte poétique est traditionnellement fondée sur le principe du retour et de la progression dans la reprise que figure l’utilisation du vers (régulier ou non), même s’il existe des formes métissées comme le poème en prose ou la prose poétique qui reprennent les caractéristiques du texte poétique (d’où leur dénominations) comme l’emploi des images et la recherche de sonorités ou de rythmes particuliers. Ces vers sont souvent regroupés en strophes et parfois organisés dans des poèmes à forme fixe comme le sonnet ou la ballade.La poésie métrée utilise des vers définis par le nombre de leurs syllabes comme l’alexandrin français, alors que la poésie scandée joue sur la longueur des pieds (et sur leur nombre) comme dans l’hexamètre dactylique grec et latin, ou sur la place des accents comme dans le pentamètre iambique anglais. Les poètes modernes se libèrent peu à peu de ces règles :

 par exemple les poètes français introduisent dans la deuxième moitié du XIXe siècle le vers libre puis le verset, et en remettant aussi en cause les conventions classiques de la rime qui disparaît largement au XXe siècle.

 Des essais graphiques plus marginaux ont été tentés par exemple par Mallarmé (Un coup de dés jamais n’abolira le hasard), Apollinaire (Calligrammes) ou Pierre Reverdy, en cherchant à parler à l’œil et plus seulement à l’oreille, tirant ainsi le poème du côté du tableau.  

La musicalité:  

L’origine orale et chantée de la poésie qu’évoquent la lyre d’Apollon ou la flûte d’Orphée marque l’expression poétique qui se préoccupe des rythmes avec le compte des syllabes (vers pairs/ vers impairs, « e muet » …) et le jeu des accents et des pauses (césure, enjambement…). La poésie exploite aussi les sonorités particulièrement avec la rime (retour des mêmes sons à la fin d’au moins deux vers avec pour base la dernière voyelle tonique) et ses combinaisons de genre (rimes masculines ou féminines), de disposition (rimes suivies, croisées …) et de richesse. Elle utilise aussi les reprises de sons dans un ou plusieurs vers (allitérations et assonances), le jeu du refrain (comme dans la ballade ou le Pont Mirabeau d’Apollinaire) ou la correspondance entre le son et le sens avec les harmonies imitatives (exemple fameux : « Pour qui sont ces serpents… » Racine) ou les rimes sémantiques (automne/monotone).

Le poids des mots:

Le poète exploite toutes les ressources de la langue en valorisant aussi les mots par leur rareté et leur nombre limité : on parle parfois de « poésie-télégramme » où chaque mot « coûte » comme dans le sonnet et ses 14 vers ou dans la brièveté extrême du haïku japonais de trois vers. L’enrichissement passe aussi par la recherche de sens rares et de néologismes (par exemple « incanter » dans les Sapins d’Apollinaire, qui, « graves magiciens //Incantent le ciel quand il tonne », ou « aube » associé aux Soleils couchants par Verlaine), par les connotations comme l’Inspiration derrière la figure féminine dans les Pas de Paul Valéry (« Personne pure, ombre divine,/ Qu’ils sont doux, tes pas retenus ! ») ou par des réseaux lexicaux tissés dans le poème comme la religiosité dans Harmonie du soir de Baudelaire. Le poète dispose d’autres ressources encore comme la place dans le vers ou dans le poème (« trou de verdure » dans le premier vers du Dormeur du val de Rimbaud auquel répondent les « deux trous rouges au côté droit » du derniers vers) ou les correspondances avec le rythme et les sonorités (« L’attelage suait, soufflait, était rendu. … » La Fontaine, Le Coche et la mouche )…

Le poète joue également de la mise en valeur des mots par les figures de style comme les figures d’insistance comme l’accumulation, le parallélisme ou l’anaphore (exemple : « Puisque le juste est dans l’abîme, /Puisqu’on donne le sceptre au crime, / Puisque tous les droits sont trahis, / Puisque les plus fiers restent mornes, /Puisqu’on affiche au coin des bornes / Le déshonneur de mon pays… », Hugo, les Châtiments, II, 5), les figures d’opposition comme le chiasme ou l’oxymore (« le soleil noir de la Mélancolie » Nerval), les ruptures de construction comme l’ellipse ou l’anacoluthe (« Exilé sur le sol au milieu des huées, /Ses ailes de géant l’empêchent de marcher », Baudelaire l’Albatros) et bien sûr les figures de substitution comme la comparaison et la métaphore, (de Ronsard et Du Bellay à Jacques Prévert ou Eugène Guillevic en passant par Hugo, Apollinaire, les surréalistes et bien d’autres). L’emploi de l’image est d’ailleurs repéré comme une des marques de l’expression poétique ; un seul exemple emblématique de métaphore filée en rendra compte : « (Ruth se demandait …) Quel Dieu, quel moissonneur de l’éternel été / Avait, en s’en allant, négligemment jeté / Cette faucille d’or dans le champ des étoiles », (Victor Hugo, Booz endormi).

Les grandes orientations de la poésie:

La définition de genres poétiques a toujours été discutée en débattant de critères formels et/ou de critères de contenu (d’objet) et, par ailleurs, la poésie moderne en faisant éclater les genres traditionnels (poésie lyrique, épique, engagée, spirituelle, narrative, descriptive…) et en devenant une expression totalisante et libre rend encore plus difficile la catégorisation.Cependant, sans s’enfermer trop dans la terminologie formaliste, on peut observer des « dominantes » clés dans l’expression poétique (Roman Jakobson définissant la dominante comme « l’élément focal d’une œuvre d’art » qui gouverne, détermine et transforme les autres éléments (voir Antoine Compagnon). L’opposition la plus simple se fait entre une orientation vers la forme (orientation « esthétique ») et une orientation vers le contenu (orientation « sémantique »), évidemment sans exclusion de l’autre puisque d’une part il y a sens dès qu’il y a mots et que, d’autre part, il y a expressivité formelle sans cela il n’y aurait pas écriture poétique. Cette dernière orientation multiple et complexe est parfois dite aussi « ontologique » (comme par Olivier Salzar), parce que renvoyant « au sens de l’être considéré simultanément en tant qu’être général, abstrait, essentiel et en tant qu’être singulier, concret, existentiel » (TCF). Son champ très vaste peut à son tour être subdivisé en trois dominantes (définies par le modèle du signe présenté par Karl Bühler : « Le signe fonctionne en tant que tel par ses relations avec l’émetteur, le récepteur et le référent ». Ces trois dominantes, là encore non exclusives, sont la dominante « expressive » ou « émotive » ou lyrique, au sens étroit, tournée vers le moi du poète, la dominante « conative », orientée vers le destinataire que le poète veut atteindre en touchant sa conscience et sa sensibilité comme dans la poésie morale et engagée, et la fonction « référentielle », tournée vers un « objet » extérieur, vers le chant du monde dans des perceptions sensibles, affectives ou culturelles comme dans la célébration ou la poésie épique où le poète rend sensible la démesure des mythes.Mais ce découpage n’est qu’un éclairage : la poésie, plus que tout autre genre littéraire, pâtit de ces approches des « doctes » alors qu’elle est d’abord la rencontre entre celui qui, par ses mots, dit lui-même et son monde, et celui qui reçoit et partage ce dévoilement. En témoigne par exemple une œuvre inclassable comme les Chants de Maldoror de Lautréamont. 

  Le poète artiste:

Le souci de la forme est bien sûr constant chez les poètes et des règles prosodiques s’élaborent peu à peu aux XVIe et XVIIe siècles (compte du « e muet », diérèse/synérèse, césure, pureté des rimes…).

Cette importance accordée au travail poétique passe par les Grands rhétoriqueurs de la fin du XVe siècle puis la Pléiade et les classiques (« Beauté, mon beau souci » dira François de Malherbe),

 avant de réapparaître au XIXe siècle en réaction aux effusions et aux facilités de la poésie romantique.

Les théoriciens et praticiens de l’art pour l’art, partageant la conviction que « l’art vit de contraintes et meurt de liberté », comme le dira au siècle suivant Paul Valéry, défendront les règles traditionnelles (vers syllabique, rimes, poèmes à forme fixes comme le sonnet) avec Théophile Gautier ou les Parnassiens comme Théodore de Banville, Leconte de Lisle ou José María de Heredia.

 Cette conception esthétique ira même avec Mallarmé jusqu’à un certain hermétisme en cherchant à « donner un sens plus pur aux mots de la tribu » et à relever des défis formels (comme le sonnet en -ixe/-yx de Mallarmé, les Calligrammes d’Apollinaire…)

 que systématiseront au milieu du XXe siècle les jeux de l’Oulipo et de Raymond Queneau (Cent mille milliards de poèmes), Georges Perec ou Jacques Roubaud.

On peut également, au delà du paradoxe apparent, rattacher à ce courant poétique qui met l’accent sur la « forme », les démarches d’Henri Michaux dont Le Grand Combat (Qui je fus ?, 1927) est écrit dans une langue inventée faite de suggestion sonore, ou encore les expérimentations « lettristes » d’Isidore Isou.

 Les impasses de cette poésie coupée de l’âme et parfois très rhétorique seront régulièrement combattues au nom de la souplesse et de la force de la suggestion, par exemple par Paul Verlaine et les poètes symbolistes ou décadentistes de la fin du XIXe siècle, qui revendiqueront une approche moins corsetée de la poésie.

Cette conception d’un art libéré des contraintes l’emportera largement au XXe siècle où la poésie deviendra une expression totalisante, au delà des questions de forme. 

 Le poète « lyrique »:  

Si le mot « poétique » a dans son acception quotidienne le sens d’harmonieux et de sentimental, c’est à l’importance de la poésie lyrique qu’il le doit.

Celle-ci, orientée vers le « moi » du poète, doit son nom à la lyre qui, dans l’Antiquité, accompagnait les chants qu’on ne distinguait pas alors de la poésie mais ne doit pas à se limiter à la petite musique personnelle du poète chantant un des thèmes traditionnels et a priori poétiques comme l’amour, la mort, la solitude, l’angoisse existentielle, la nature ou la rêverie. En effet la poésie a su faire entrer la modernité dans le champ poétique y compris dans ses aspects les plus surprenants ou les plus prosaïques (« Une charogne » chez Baudelaire, la ville industrielle chez Verhaeren et le quotidien trivial chez Verlaine dans ces vers de Cythère, dans Les fêtes galantes, « l’Amour comblant tout, hormis / La faim, sorbets et confitures / Nous préservent des courbatures »…). En fait la variété des voix est extrême, avec cependant des courants dominants selon les époques, comme le romantisme et le symbolisme au XIXe siècle ou le surréalisme au XXe siècle.

Les formes évoluent elles-aussi passant par exemple du long poème romantique (À Villequier de Victor Hugo ou les Nuits d’Alfred de Musset) au sonnet régulier de Baudelaire puis aux formes libres des symbolistes et à l’expression jaillissante de l’inconscient avec les Surréalistes avant la spontanéité de l’expression orale de Jacques Prévert dans Paroles par exemple.

La poésie lyrique est pour le poète le canal d’expression privilégiée de sa sensibilité et de sa subjectivité que symbolise le Pélican (Nuit de mai) d’Alfred de Musset. Mais cette poésie va au-delà de la confidence pour exprimer l’humaine condition et Hugo proclame dans la Préface des Contemplations : « Quand je parle de moi, je vous parle de vous ! ». Ce « chant de l’âme », domaine privilégié du « je », auquel adhère cependant le destinataire, s’oppose donc à la poésie descriptive et objective voire rhétorique des Parnassiens ou à la poésie narrative des romans du Moyen Âge et au genre épique qui traite de thèmes héroïques et mythiques avec rythme et couleur ou encore à la poésie d’idées (Lucrèce, Ovide, Voltaire) pour laquelle la forme poétique n’est pas le souci premier.

Le poète prophète, découvreur du monde:

L’art de la poésie est aussi traditionnellement associé au « don de poésie », c’est à dire à une fonction quasi divine du poète inspiré, en relation avec les Muses et le sacré, à qui revient le rôle de décodeur de l’invisible. C’est la conception de l’Antiquité représentée par Platon qui fait dire à Socrate (dans Ion) à propos des poètes : « Ils parlent en effet, non en vertu d’un art, mais d’une puissance divine ».

Au XVIe siècle, la Pléiade reprendra cette perspective et Ronsard écrira ces vers dans son Hymne de l’Automne : « M’inspirant dedans l’âme un don de poësie,/ Que Dieu n’a concédé qu’à l’esprit agité/ Des poignants aiguillons de sa Divinité./ Quand l’homme en est touché, il devient un prophète ») et c’est dans cette lignée que s’inscriront les poètes romantiques et après eux Baudelaire et les poètes symbolistes.

 Cette fonction particulière du poète trouvera un partisan exemplaire avec Arthur Rimbaud qui dans sa fameuse lettre à Paul Demeny demande au Poète de se faire « voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens » et d’être « vraiment voleur de feu », et de trouver « du nouveau, – idées et formes », en évoquant ailleurs « l’alchimie du verbe » qui doit être l’instrument du poète-découvreur.

Après la Première guerre mondiale et après Apollinaire, défenseur lui aussi de « L’esprit nouveau », les surréalistes, héritiers de cet enthousiasme rimbaldien, confieront à l’image poétique le soin de dépasser le réel et d’ouvrir des « champs magnétiques » novateurs mettant au jour l’inconscient, ce que formulera Louis Aragon dans Le Paysan de Paris en parlant de « l’emploi déréglé et passionnel du stupéfiant image ».

Dans les années 50-70, revenant sur cette systématisation de l’image, les poètes s’orienteront davantage vers une poésie-célébration, un chant du monde orphique ou vers une poésie lyrique, chant de l’âme qui fait entendre la voix personnelle des poètes comme celle de Jules Supervielle, René Char ou Yves Bonnefoy.

On peut rattacher à cette veine ce qui est parfois appelé « poésie psychédélique » et qui s’associe à une certaine expression musicale dont l’un des exemples emblématiques serait Jim Morrison aux États-Unis.

 Le poète engagé:

Cependant, certains Romantiques et particulièrement Victor Hugo feront entrer le poète dans la Cité en lui attribuant un rôle de guide pour le peuple.

De prophète, il devient Messie comme l’expose le célèbre « Fonction du poète  » (les Rayons et les Ombres, 1840) où Victor Hugo définit le poète comme « le rêveur sacré », élu de Dieu « qui parle à son âme », devenu porteur de lumière et visionnaire, « des temps futurs perçant les ombres ».

La poésie engagée des Châtiments, à la fois épique et satirique, sera l’étape suivante pour Victor Hugo qui se posera comme l’Opposant à  » Napoléon le petit  ». Jehan Rictus témoigne avec sa poésie singulière de la vie des pauvres à la fin du XIXe siècle, contrastant avec le naturalisme distancié de Zola.

Les engagements religieux, (de Charles Péguy par exemple), ou idéologiques retrouveront au XXe siècle comme un lointain héritage de Ronsard (Discours) ou d’Agrippa d’Aubigné avec Louis Aragon, chantre du communisme (Hourra l’Oural, 1934), Paul Claudel, pétainiste en 1941 (Paroles au Maréchal) ou Paul Éluard (Ode à Staline, 1950) ou encore Jacques Prévert et ses positions anarchisantes dans Paroles (1946-1949).

Les poètes de la Négritude, Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor notamment, représentent quant à eux une branche particulière de la poésie francophone du XXe siècle, dont l’engagement et les idées véhiculées, très forts, sont encore assez confidentiels en France.

Le premier est le chantre des Antilles, ayant la volonté de « plonger dans la vérité de l’être », hanté par la question du déracinement des descendants d’esclaves (Cahier d’un retour au pays natal).

Le second a créé une poésie à vocation universelle ayant l’espérance comme leitmotiv, l’utilisation de la langue française et les références positives à la culture françaises mêlent aux sujets historiques africains qu’il vivifie (Chaka).

Mais c’est aussi « l’honneur de poètes » que d’avoir participé à la Résistance en publiant clandestinement des œuvres importantes.

C’est le cas de Louis Aragon (Les Yeux d’Elsa, 1942 ; La Diane Française, 1944), de Paul Éluard (Poésie et vérité, 1942 ; Au rendez-vous allemand, 1944), de René Char (Feuillets d’Hypnos, 1946) ou de René-Guy Cadou (Pleine Poitrine, 1946).

Les poètes ne seront d’ailleurs pas épargnés par l’extermination nazie : Robert Desnos mourra dans un camp allemand et Max Jacob dans le camp de Drancy.

Dans la période récente, l’engagement des poètes semble être surtout le fait de chanteurs comme Léo Ferré ou Jean Ferrat.

La poésie contemporaine:

En parallèle de la poésie institutionnelle, s’est développée du XXe siècle, une poésie contestataire aussi bien au niveau politique, qu’au niveau linguistique.

Cet élan, qui est synthétisé sous le nom d’avant-garde est né avec les Futuristes italiens et russes et le mouvement Dada, notamment Raoul Hausmann ou Kurt Schwitters. Les avant-gardes, loin de n’être que des épiphénomènes dans l’histoire de la poésie, ont traversé le siècle pour aboutir aux expériences littéraires développées par des écrivains comme Christian Prigent, Jean-Pierre Verheggen, visant une forme de déconstruction poétique de la modernité.La dénonciation sur laquelle s’appuie les avant-gardes est celle de la liaison entre le pouvoir politique et le langage, notamment le langage journalistique, tel que l’énonce d’emblée Hugo Ball. C’est pour cela que les avant-gardes visent une modernité négative, un retournement des valeurs, et recherchent une forme de langage non aliéné par la société, proche des intensités du corps. Les premières créations marquantes sont celles de Raoul Hausmann puis de Kurt Schwitters et son poème Ursonate. Il s’agit de créer un poème sonore, qui s’affranchit de l’intelligibilité courante des mots et qui par leur phonétisme, déclenche à une approche sensible. Dans cet horizon Antonin Artaud, se démarquant du surréalisme, tentera une approche poétique liée au souffle, que cela soit par la recherche d’un langage plus corporel (recherche de signes qu’il compare métaphoriquement aux hiéroglyphes). Des démarches aussi radicales se développent dans des directions différentes comme le lettrisme d’Isidore Isou ou dans le développement des performances poétiques.En liaison avec les recherches d’avant-garde, à partir des années 1950 est apparue une démarche poétique voulant rompre avec le livre. Ces créations, dans la lignée des approches sonores issues aussi bien de la musique bruitiste des futuristes italiens, que des approches phonétiques de Dada, en France, a eu comme représentant majeur Bernard Heidsieck, François Dufrêne et Henri Chopin, tous les trois inventeurs de la poésie sonore. Face à la radicalisation des avant-gardes, s’est développée à partir des années 1980 une approche plus post-moderne, liée en partie à l’objectivisme américain : effacement de l’auteur au profit de recherches formelles portant sur des langages para-littéraires. Cette approche a été visible avec les premiers textes publiés d’Olivier Cadiot, puis la création en 1989 de la Revue Java notamment animée par Jean-Michel Espitallier.

Plus récemment encore la poésie, en partie suite au développement de la performance ou des lectures publiques, sortant résolument du livre, s’est développée dans des directions multiples comme le multimédia, avec un grand développement de la vidéo poésie, le biologique (Eduardo Kac), la poésie spatiale, la poésie générative (Jean-Pierre Balpe).

 Conclusion:

Le terme « poésie » recouvre des aspects très différents puisque celle-ci s’est dégagée d’une forme versifiée facilement identifiable et même du « poème », et il est sans doute plus commode de parler d’« expression poétique ». Néanmoins la spécificité du texte poétique demeure à travers sa densité qui tente d’exploiter à la fois toutes les possibilités offertes par les spécificités linguistiques ; il est d’ailleurs difficile de traduire un poème dans une autre langue : faut-il se préoccuper d’abord du sens ou faut-il chercher à inventer des équivalences sonores et rythmiques ?La poésie est devenu à travers le temps, et surtout à l’époque contemporaine, un art très sophistiqué qui s’est peu à peu coupé de ses racines populaires pourtant la poésie est très largement pratiquée comme en témoignent les blogs ou les très nombreuses lectures ou festivals qui lui sont consacrés, mais sa diffusion en librairie est de plus en plus rare malgré une multitude de minuscules maisons d’édition (cf. Édition de la poésie en France).Certaines tentatives contemporaines, sous l’influence de la dub poetry américaine notamment s’expriment d’ailleurs peut-être davantage avec le soutien de la musique dans le genre plus incertain de la poésie-chanson avec par exemple le rap ou le slam. Néanmoins chaque année voit refleurir en France divers festivals d’importance comme les voix de la Méditerranée, le printemps des Poètes, la Biennale Internationale des Poètes en Val-de-Marne (BIPVAL), réveillant malgré tout « l’Homme indifférent au rêve des aïeux » En effet, à travers la Poésie, l’essentiel demeure la prise de conscience de l’infini créativité et de la beauté de la langue, à commencer par une langue dite et écoutée. Pour l’amateur de poésie, « au commencement est le Verbe » et sa puissance créatrice qui nourrit la mémoire et transforme la nuit en lumière, comme le fait dire Jean-Luc Godard à son héros qui vient lutter contre un monde déshumanisé dirigé par un ordinateur dans Alphaville.

Enfin, la poésie est bien sûr une expression littéraire universelle, mais le souci particulier d’exploiter les ressources complètes de la langue qui définit le genre a déterminé le choix des points d’appui limités à la langue française.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Origine et histoire de la fête de noël.

1. Quelle est l’origine de la fête de Noël ?

La fête pré chrétienne du 25 décembre à Rome. Des le premier siècle avant J-C, on célébrait à Rome le culte de Mithra, d’origine persane, importé à Rome par les légionnaires romains. Mithra était la divinité perse de la lumière. On fêtait le 25 décembre, pour le solstice d’hivers, la naissance de Mithra le soleil invaincu (Dies natalis solis invicti). On le fêtait par le sacrifice d’un jeune taureau.En 274, l’empereur Aurélien déclare le culte de Mithra religion d’état et il fixe la célébration du solstice au 25 décembre La fête du 25 décembre devient une fête chrétienne. La fête de Noël n’existait pas au début du christianisme. C’est seulement à partir du II° siècle que l’Église a cherché à déterminer dans l’année le jour de la naissance de Jésus sur lequel les évangiles ne disent rien. Des dates différentes ont été proposées : le 6 janvier, le 25 mars, le 10 avril … A Rome, l’Église a choisi  le 25 décembre pour célébrer la naissance de Jésus, sans doute pour faire pièce à la fête païenne de la naissance de Mithra. Vers 330 ou 354, l’empereur Constantin décida de fixer la date de Noël au 25 décembre.En 354,  le pape Libère instaura la célébration de la fête du 25 décembre. qui marque le début de l’année liturgique. Cette date a une valeur symbolique. En effet, en s’inspirant de Malachie 3/19 et Luc 1/78, on considérait la venue du Christ comme le lever du « Soleil de justice ». La fête de Noël célèbre ainsi la naissance de Jésus soleil de justice.  La fête du 25 décembre est arrivée progressivement en orient et en Gaule : en 379 à Constantinople, au début du Vème siècle en Gaule, au cours du Vème à Jérusalem et à la fin du Vème en Égypte. Dans les Églises d’orient, au 4ème siècle, on célébrait, sous des formes diverses, le 6 janvier la fête de la manifestation de Dieu.

2. Histoire de la fête de Noël jusqu’à la fin du Moyen Age.

L’empereur Théodose en 425. codifie officiellement les cérémonies de la fête de Noël. La fête du 25 décembre est devenue exclusivement chrétienne. Clovis est baptisé dans la nuit de Noël 496. En 506, le concile d’ Agde en fait une fête d’obligation. En 529, l’empereur Justinien en fait un jour chômé. 

La messe de minuit se célèbre dès le V° siècle, avec le pontificat de Grégoire le grand. Au VII° siècle, l’usage s’ établi à Rome de célébrer 3 messes : la vigile au soir du 24 décembre, la messe de l’aurore et la messe du jour le 25 décembre. 

La fête de Noël s’est répandu progressivement en Europe. Elle a été célébrée à la fin du V° siècle en Irlande, au VII° en Angleterre, au VIII° en Allemagne, au IX° dans les pays scandinaves, au IX° et X° dans les pays slaves. 

A partir du XII°, la célébration religieuse est accompagnée de drames liturgiques, les « mystères » qui mettent en scène l’adoration des bergers ou la procession des mages. Ces drames liturgiques se jouaient primitivement dans les églises, puis sur les parvis. 

3. Histoire de la fête de Noël depuis la Renaissance.

Les crèches d’église apparaissent en Italie au XV° et l’arbre de Noël en Allemagne au XVI°. Puis les crèches familiales, napolitaines puis provençales, se développent a partir du XVII°.

Au moment de la Réforme en1560, les protestants s’opposent à la crèche et préfèrent la tradition de l’arbre de Noël. Avec la contre réforme au XVII° , les représentations des drames liturgiques sont interdites parce qu’elles sont devenues trop profanes. 

Au XIX°, le père Noël apparaît aux États-Unis. Il se répand en Europe après la deuxième guerre mondiale. A partir du XIX°, les organismes de charité offrent aux plus démunis le traditionnel repas de Noël. Actuellement,  Noël tend à devenir principalement  une fête de l’enfant et de la famille.

SENS DE LA FÊTE DE NOËL 

1.  Jour de Noël fête familiale et fête des enfants.

Le jour de Noël est une fête familiale: moment privilégié pour se rassembler en famille,  toutes générations confondues. Cette fête, par toutes ses formes d’expression, crée des souvenirs communs et entretient le sentiment d’appartenance à une famille. Chacun trouve, à sa manière, cette façon de construire ce lien : partager un repas, une veillée, écouter des histoires, se réunir autour de la crèche.  

Avec la place grandissante de l’enfant dans la famille, Noël est devenu une fête des enfants : nuit magique où les désirs des enfants sont réalisés, pour le plus grand bonheur des adultes.

2.  Noël message de paix.

« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre !  » : voilà ce que chantaient les anges à la naissance du Christ. L’annonce de la naissance du messie est un message de paix.

Le pape adresse chaque année pour Noël un message de paix au monde.

3. Partager la joie du jour de Noël  

Pour tous ceux qui d’une certaine manière se trouvent exclus de la fête, il importe de faire partager la joie de Noël.

 La veille au soir du jour de Noël, les petits frères des Pauvres réveillonnent avec les personnes âgées. Des associations caritatives, comme le Secours catholique, organisent le jour de Noël des distributions de cadeaux pour les sans domicile fixe, les isolés, les malades, les personnes âgées.

4. Noël fête de l’ Incarnation, fête de la venue du Fils de Dieu dans le monde.

 Après avoir vu différents aspects humains de la fête de Noël, regardons la signification divine de cette fête.  Noël est la fête qui célèbre  la venue du fils de Dieu dans le monde.  Avec la naissance de Jésus, c’est le mystère de l’incarnation qui s’accompli : c’est le fils unique de Dieu qui s’est homme. Pour utiliser le vocabulaire de l’Évangile de St Jean (2/14) « le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous ». Autrement dit, Jésus qui est né à Noël est le fils de Dieu. C’est aussi ce que dit saint Paul dans l’épître aux Philippiens (2/6-8) « Jésus, de condition divine, ne retint jalousement le rang qui l’égalait à Dieu, mais il s’anéanti lui même en prenant la condition d’esclave et devenant semblable aux hommes.

Les deux conciles de Chalcédoine en 451 et 553 ont précisé que Jésus est vrai Dieu et vrai homme, qu’il est une seule personne en deux natures divine et humaine. On appelle union hypostatique  l’union des deux natures, divine et humaine, en une seule personne. C’est le dogme de l’incarnation.

Dieu s’est fait homme pour que nous participions à sa nature divine et pour effacer le péché originel et nous pardonner nos péchés. C’est le but de l’incarnation.

C’est la troisième messe de Noël, qu’on appelle la « messe du jour », qui exprime le mieux la signification profonde de Noël.

ASPECT ŒCUMÉNIQUE ET INTERRELIGIEUX.

1. Noël pour les orthodoxes.

 Dès le IVème siècle, les Églises d’Orient célébraient la naissance de Jésus le 6 janvier. Cette fête commémorait à la fois la manifestation de la naissance du Christ aux bergers et aux mages et la manifestation du Christ à son baptême. C’est la fête de la manifestation de Dieu. Elle marquait aussi le retour de la lumière divine.  Actuellement,  les patriarcats de Constantinople et d’Antioche et l’Église de Grèce  célèbrent la naissance de Jésus et la visite des mages le 25 décembre parce qu’ils ont adopté le calendrier grégorien. Les Églises russes, serbes, arménienne, copte et éthiopienne célèbrent la naissance de Jésus et la visite des mages le 7 janvier (13 jours après le 25 décembre), parce qu’elles ont gardé le calendrier julien.Dans l’orthodoxie, la préparation à Noël est une période de jeûne, c’est un carême. En effet, les plus grandes fêtes sont préparées par un temps de jeûne. La veille de Noël revêt un caractère tout aussi important que le jour même, elle est principalement marquée par le jeûne. La crèche n’est pas traditionnelle dans les églises orthodoxes. 

2.  Noël pour les protestants.

Les Églises protestantes ont trois cultes pour Noël : la nuit, à l’aube et le matin de Noël qui tous les trois peuvent inclure la célébration de la Cène. En 1560, au moment de la Réforme, les protestants se refusent à représenter la Nativité par une crèche comme les catholiques. Ils préfèrent développer la tradition du sapin de Noël, arbre qui symbolise le paradis d’Adam et Ève et la connaissance du bien et du mal.

 3. Noël et la naissance de Jésus pour les musulmans.

Le Coran (Sourate III, verset 42/47) affirme que Jésus est né d’une vierge miraculeusement. En effet, Mahomet connaissait  la naissance de Jésus par un évangile apocryphe En France, les familles musulmanes fêtent souvent le jour de Noël pour les enfants. Mais, en principe, un musulman ne doit pas célébrer une fête religieuse non-musulmane.

4. Le temps de Noël pour les juifs.

Les familles juives ne célèbrent pas Noël, mais elles ont également une fête à célébrer en décembre, c’est   Hanouka, la fête des lumières. Pendant cette fête, chacun allume une bougie d’un chandelier à huit branches, chaque soir de la semaine. Pendant Hanouka, on s’échange aussi un cadeau par jour pendant huit jours.

L’histoire d’Halloween.

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  La nuit de Samain

Il y a plus de 2500 ans, la nuit de Samain …

Les Gaulois étaient le plus riche et le plus nombreux des peuples Celtes. Sa prééminence était telle que les Grecs et les Romains appelaient les Celtes : Gaulois. L’année gauloise se terminait à la fin de l’été le jour précis qui correspond aujourd’hui au 31 octobre. Les troupeaux étaient ramenés des prairies aux étables, et le soleil était remercié de la moisson qui représentait une aide pour la bataille à venir contre les ténèbres et le froid.Ce dernier jour de l’année, on supposait que les esprits pouvaient faire une brève visite à leurs parents, alors que le Dieu de la mort tentait de rassembler les âmes de ceux qui étaient morts durant l’année afin de leur révéler leur sort.En cette nuit du 31 octobre au 1er novembre commençait Samain. Au cours de cette première nuit de la nouvelle année on exécutait tout un cérémonial rigoureux afin de s’assurer d’une bonne année à venir.Le soir, les Gaulois avaient éteint le feu dans l’âtre de leurs foyers, ensuite, au cours de la nuit ils se rassemblaient en cercle et les druides étouffaient solennellement le feu sacré de l’autel, puis frottaient des branches sèches du chêne sacré jusqu’à enflammer un nouveau feu pour honorer le dieu du soleil, et effrayer les esprits diaboliques. Chaque chef de famille recevait de la braise rouge recueillie dans ce feu pour en allumer un nouveau dans son âtre, feu qui devait brûler jusqu’à l’automne suivant. Ce feu sacré devait protéger du danger le foyer tout au long de l’année.
 Des Gaulois à Odilon de ClunyLa fête de Samain était la plus importante des fêtes Gauloises. Le porc communément servi à table était remplacé par deux taureaux blancs liés par les cornes, sacrifiés après la cueillette du gui. Le festin rassemblait tout le village. On y buvait de la bière, du vin, de l’hydromel… La fête durait une semaine à quinze jours et pour être certains d’effrayer les esprits, les Gaulois étaient grimés et portaient des costumes effrayants. Incorporer Samain au calendrier catholique prit plusieurs siècles. Au Vllle siècle le pape Grégoire III déplaça la fête des Saints en novembre. Vers 840, le pape Grégoire IV installa Toussaint, décrétant que ce jour et la veille seraient observés. Odilon de Cluny choisit en 1048 le 2 novembre comme le Jour des Morts.
Le mot anglais viendrait de cette époque. All Hallows’day pour la Toussaint, All Hallow E’en pour la nuit sainte qui précéde et devint Halloween bien plus tard.

Halloween, de l’Irlande aux Etats-Unis

Alors qu’en France la culture celte disparaissait, des coutumes populaires de Samain continuèrent à se développer en Irlande, Ecosse, Pays de Galles, et certaines régions d’Angleterre.L’un des plats servis au dîner en Irlande à Halloween est appelé « Callcannon ». A ce plat de purée de pommes de terre, de panais et oignons frits étaient mélangés une bague, un dé, une poupée en porcelaine et une pièce. Celui qui trouvait la bague pouvait se marier dans l’année, celui qui trouvait la poupée en porcelaine aurait un enfant, celui qui trouvait le dé ne se marierait jamais, et celui qui aurait la chance de trouver la pièce serait riche.

A la suite d’une grande famine les pratiques d’Halloween se déplacèrent avec la grande émigration Irlandaise de 1846/48 vers les États-Unis, emportant avec elles l’un des personnages les plus populaires de Halloween, Jack-o’-lantern.

 Halloween aux Etats-Unis

C’est à la fin du XIXe siècle que Halloween devint une fête nationale aux États-Unis, avec ses jeux, ses divinations, et la coutume du « Trick-or-treat » Aujourd’hui de nombreux commerçants aux États-Unis font plus d’affaires à Halloween qu’à Noël ! Il y a peu de films, dessins animés, feuilletons qui n’aient une scène se déroulant durant cette fameuse nuit. On y a même rencontré E-T- et Woody Allen !Même si Halloween ne se fête que le 31 octobre, c’est durant tout le mois d’octobre que les enfants américains le préparent : décorer les maisons, créer son déguisement, et se préparer pour le Trick-or-treating avec une taie d’oreiller pour ramasser le maximum de bonbons.Le thème des déguisements et décorations tourne autour des sorcières, chats noirs, fantômes, squelettes, diseuses de bonne aventure, vampires, loups-garous, citrouilles…La soirée se termine à chacun sa guise en chantant, en dansant, en jouant, en se racontant des histoires horribles…

L’histoire de trick-or-treat

En Amérique du Nord, Halloween n’a pas toujours été une fête d’amusements … Au début du siècle, les gens se jouaient des tours pas nécessairement sympathiques. Les enfants se contentaient de défiler déguisés dans les rues et revendiquaient fortement des petits cadeaux. Gare aux radins!

La tradition du trick or treat en frappant aux portes n’est venue que dans un deuxième temps, plus récent, dans les années 30. Dans le même ordre d’idée, la sorcière n’est présente dans le folklore de Halloween que depuis le XIX°s. On retrouve là les Saturnales, la fête des Fous ou de l’Ane.

Halloween a mis longtemps pour devenir ce qu’elle est aujourd’hui, une fête de magie, mystère, déguisements et bonbons.

La tradition dit que les activités tumultueuses des mauvais esprits et sorcières sont les mêmes que celles des enfants, masqués par la coutume derrière les déguisements de fantômes et de squelettes. Tout se passe comme si les enfants sont la continuation de ces mauvais esprits par les déguisements qu’ils portent et donc par leur identification.

A eux donc de jouer les tours que jouaient les morts en passant une dernière fois parmi les vivants…

10 règles pour réussir trick or treat
pour les enfants qui vont chercher des bonbons

 Partir en groupe et ne jamais se séparer.
 Si possible être accompagné d’un adulte.
 Fixer une heure précise de retour à la maison.
 Ne jamais entrer dans une maison.
 Éviter les chiens et les allées sombres.
 Ne pas traverser la rue hors des passages protégés.
 Rester sur le trottoir ou marcher face aux voitures.
 Avoir une lampe de poche.
 Ne pas parler à quelqu’un que vous ne connaissez pas.
 Ne manger les bonbons qu’une fois rentré à la maison : jamais en route.

10 règles pour réussir trick or treat
pour ceux qui vont offrir des bonbons

 Si vous êtes parent, organisez le circuit, les horaires en l’annonçant à l’école et chez les commerçants.
 Inscrivez-vous sur la liste des maisons qui accueillent.
 Décorez et éclairez l’extérieur de votre maison pour signaler que vous acceptez d’offirir des bonbons.
 A contrario, fermez vos lumières si vous ne souhaitez pas recevoir les enfants.
 Déguisez-vous.
 N’offrez que des bonbons emballés.
 Préparez un grand sac avec les bonbons que vous garderez près de la porte d’entrée.
 Fermez votre porte, attendez le coup de sonnette, ouvrez : vous pouvez faire gentiment peur.
 Ne faites pas entrer les enfants.
 Vous pouvez demander une petite chanson (un couplet) aux quémandeurs mais ne soyez pas trop exigeants, ils attendent vos friandises

Jack-o’-lantern

L’un des personnages les plus populaires et les plus solides de Halloween, Jack-o’-Lantern, était d’abord une tradition irlandaise. En Irlande, les énormes pommes de terre, rutabagas et navets – au lieu de citrouilles, que l’on ne trouvaient pas – étaient creusées, sculptées en des têtes affreuses et illuminées avec des bougies pour être utilisées comme lanterne à la fête de Halloween.

Le nom de Jack-o’-lantern est supposé avoir pour origine un conte irlandais d’un homme appelé Jack qui était un ivrogne patenté et avare. Un soir dans son pub, le Diable apparut pour lui demander son âme. Habilement, Jack le persuada de prendre un verre avec lui avant qu’ils ne partent ensemble. Pour payer son verre, le Diable se transforma en pièce de six pence que Jack saisit immédiatement. Il la mit dans son sac qui avait une serrure en forme de croix, empêchant ainsi le Diable de partir.

Finalement, Jack libéra le Diable à condition qu’il le laissa tranquille une année de plus. Douze mois plus tard, Jack fit une autre farce au Diable, le laissant en bas d’un arbre avec la promesse qu’il ne le poursuivrait plus.

A la fin, Jack mourut. Chassé du Paradis par transgression, et de l’Enfer à cause de ses farces, Jack, en désespoir, marchanda avec le Diable pour du charbon brûlant pour éclairer son chemin dans le noir. Jack le mit dans un navet qu’il mâchait, et comme le dit l’histoire, il fut condamné à marcher avec sa lanterne, jusqu’au Jour du Jugement.

Les Celtes fêtaient-ils leur nouvel an le 31 octobre ?

FAUX !

Les Celtes d’avant la conquête romaine fêtaient leur nouvel an, Samain, le 6ème jour de la lune montante. Ce jour là, les druides cueillaient le gui, la plante sacrée qui donnait immortalité et régénération physique. Et la cueillette du gui était l’acte le plus important de la fête de Samain…
Les Celtes fêtaient donc Samain entre le 25 octobre et le 20 novembre

La Fête des Morts (El Dia de los Muertos)

La fête des morts est une fête très importante au Mexique – sans doute la plus spectaculaire – qui se déroule pendant 2 jours les 1er et 2 novembre.

Attention, cette fête n’a pas de lien avec Halloween … quoique …

Pourquoi  » quoique  » ?

L’origine de cette fête.

El Dia de los Muertos date de 3 500 ans … environ. C’était un rituel des anciennes peuplades mexicaines (Mayas, Toltèques, Aztèques) envers les morts et la continuation de la vie, la vie n’étant qu’un rêve…
Les espagnols déplacèrent la date de ce jour aux 1er et 2 novembre (fête des saints et fête des morts) qui tombaient au milieu des fêtes de la mort des Aztèques afin que ces nouveaux chrétiens « christianisent » de fait ce rituel.
Donc un peu comme Halloween, Samain à l’époque, le nouvel an celte ( … il y a environ 2 500 ans) était une fête liée à la mort et à la résurrection chez les Celtes. Dans ce cas, les chrétiens (vers 700, 800) placèrent la fête des saints et la fête des morts au lendemain du nouvel an celte.

Le rituel du el Dia de los Muertos

Ces jours sont donc jours de fête.
Le premier est celui des enfants défunts, le second celui des adultes défunts.
Les tombes sont nettoyées, la croix repeinte, décorées de fleurs plus spécialement des fleurs oranges ( le cempoalxuchitl), on brûle de l’encens (copal). Les enfants morts reçoivent des jouets, les hommes adultes de la tequila ! On dépose de quoi festoyer ainsi que des confiseries et des cierges.
Sur les autels placés dans les maisons, on dépose aussi de la nourriture, des boissons et des cigarettes !
La fête se remarque par les  » calaveritas « , des pains sucrés en forme de têtes de mort ou de cercueil sur lesquels sont inscrits les prénoms des morts et que l’on dépose sur les tombes ou les autels. Ce gâteau qui symbolise la mort et la renaissance se mange.
Il y a aussi les pains de los muertos.
Comme les Celtes, les Mexicains n’ont pas peur de la mort !
Il faut donc imaginer que si la journée débute par les prièrent, les mexicains aident les défunts à terminer les bouteilles de tequila … au son des mariachis ! ! !
Pendant cette période et avant, les squelettes servent de décoration

Dans la nuit du 1er au 2 novembre, certains mexicains font des feux devant leurs maisons pour se signaler aux défunts amis et chasser les mauvais esprits …
A ceux à qui cela ne rappelle rien, pour le nouvel an celte, le feu de Samain avait pour but de fêter les morts de l’année et chasser les mauvais esprits …

Donc les rituels pré-chrétiens des indiens mexicains et des Celtes sont très très proches

D’ailleurs au Mexique, on commence aussi à fêter Halloween !
Les enfants ne disent pas « trick or treat » mais « cavaleras » selon la tradition de el Dia de los Muertos afin d’obtenir des friandises ou des pièces de monnaie …

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La Fête du Travail

 

 

La fête du Travail (ou fête des Travailleurs) est célébrée dans de nombreux pays du monde, le 1er mai. C’est l’occasion d’importantes manifestations du mouvement ouvrier. Dans les pays dits « socialistes » le 1er mai est (ou était) fêté avec beaucoup d’éclat.

Il est à noter qu’en Amérique du Nord, il existe une distinction entre fête du travail et fête des travailleurs. En effet la fête du travail est célébrée le premier lundi de septembre, il s’agit d’un jour férié marquant traditionnellement la « rentrée » (scolaire, artistique, etc.) après les vacances d’été. La fête des travailleurs a quant à elle lieu le 1er mai. Ce jour n’est pas férié, mais est très largement célébré par les syndicats ainsi que les partis, groupes et organisation de gauche. On notera que traditionnellement, lorsqu’il y a une augmentation du salaire minimum au Québec, cela a lieu le 1er mai.

 Origines

En France, dès 1793, une fête du travail est fixée le 1er pluviôse (janvier), et fut instituée pendant quelques années par Fabre d’Eglantine.

Au cours de leur congrès de 1884, les syndicats américains se donnent deux ans pour imposer aux patrons une limitation de la journée de travail à huit heures. Ils choisissent de débuter leur action le 1er Mai parce que beaucoup d’entreprises américaines entament ce jour-là leur année comptable.

C’est ainsi que le 1er mai 1886, la pression syndicale permet à environ 200 000 travailleurs d’obtenir la journée de huit heures. D’autres travailleurs, dont les patrons n’ont pas accepté cette revendication, entament une grève générale. Ils sont environ 340 000 dans tout le pays.

Le 3 mai, une manifestation fait trois morts parmi les grévistes de la société McCormick Harvester, à Chicago. Le lendemain a lieu une marche de protestation et dans la soirée, tandis que la manifestation se disperse à Haymarket Square, il ne reste plus que 200 manifestants face à autant de policiers.

C’est alors qu’une bombe explose devant les forces de l’ordre. Elle fait un mort dans les rangs de la police. Sept autres policiers sont tués dans la bagarre qui s’ensuit. À la suite de cet attentat, cinq syndicalistes anarchistes sont condamnés à mort (quatre seront pendus 11 novembre 1887 (Black Friday) malgré l’inexistence de preuves, le dernier s’étant suicidé dans sa cellule). Trois autres sont condamnés à perpétuité.

Sur une stèle du cimetière de Waldheim, à Chicago, sont inscrites les dernières paroles de l’un des condamnés, August Spies : « Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd’hui »

 Mise en place

Trois ans plus tard, la IIe Internationale socialiste se réunit à Paris pour le centenaire de la Révolution française et l’exposition universelle.

Sur une proposition de Raymond Lavigne, elle décide le 20 juillet 1889 de faire de chaque 1er mai une journée de manifestation avec pour objectif la réduction de la journée de travail à huit heures (soit 48 heures hebdomadaires, le dimanche seul étant chômé).

Le 1er mai 1891, à Fourmies, au nord de la France, la manifestation tourne au drame : la police tire sur les ouvriers et fait dix morts (voir la Fusillade de Fourmies et Ravachol).

Avec ce nouveau drame, le 1er mai s’enracine dans la tradition de lutte des ouvriers européens.

Quelques mois plus tard, à Bruxelles, l’Internationale socialiste renouvelle le caractère revendicatif et international du 1er mai.

En 1920, la Russie bolchévique décide que le 1er mai sera désormais chômé et deviendra la fête légale des travailleurs. Son exemple est suivi dans la plupart des autres pays sous la poussée des syndicats d’orientation socialiste.

Pie XII institue en 1955 la fête de saint Joseph artisan, destinée à être célébrée le 1er mai de chaque année.

En France

En France, au début du XXe siècle, il devient habituel, à l’occasion du 1er mai, d’offrir un brin de muguet, symbole du printemps en Île-de-France. Une tolérance de l’administration permet aux particuliers et aux organisations de travailleurs de vendre les brins de muguet sans formalités ni taxes.

Le 23 avril 1919, le Sénat ratifie la journée de huit heures et fait du 1er mai suivant une journée chômée.

Sous Pétain la fête des Travailleurs devient la fête du Travail et l’églantine rouge, associée à la gauche, est remplacée par le muguet.

Le 24 avril 1941, pendant l’occupation allemande, le 1er mai est officiellement désigné comme la fête du Travail et de la Concorde sociale et devient chômé, à l’initiative de René Belin. Cet ancien dirigeant de l’aile anticommuniste de la CGT (Confédération Générale du Travail) était devenu secrétaire d’État au Travail dans le gouvernement du maréchal Pétain.

La radio ne manque pas de souligner que le 1er mai coïncide aussi avec la fête du saint patron du Maréchal, Saint Philippe (en 2004 fêté le 3 mai)!

En 1947 le 1er mai devient de droit un jour férié chômé et payé pour tous les salariés sans conditions (art. L. 222-6 du code du travail français  ; mais il n’est pas officiellement désigné comme fête du Travail). C’est le 29 avril 1948 qu’est officialisé le 1er mai.

Beaucoup à gauche voudraient que la fête du Travail redevienne la fête des Travailleurs, ils refusent la mesure de Pétain, par contre l’églantine rouge n’est plus vraiment une revendication.

Dans le monde

Aujourd’hui, la fête du Travail est commémorée par un jour chômé le 1er mai dans la plupart des pays… mais pas dans tous.

En Belgique (et au Luxembourg), le 1er mai est chômé et les partis socialistes en profitent pour défiler et réaffirmer leur ancrage à gauche. Notons qu’au milieu du XXe siècle, le 1er mai socialiste fut concurrencé par les cortèges « Rerum Novarum » de l’abbé Joseph Cardijn, fondateur de la Jeunesse Ouvrière Catholique (JOC). Ces cortèges d’ouvriers chrétiens avaient lieu le jour de l’Ascension.

En Allemagne, le 1er mai est chômé. On porte traditionnellement un œillet rouge à la boutonière pour la fête du travail. Cette tradition remonte au 1er mai 1890, où pour répondre à l’appel de la IIe Internationale malgré l’interdiction de manifester prévue par la Sozialistengesetz, les militants décident de se retrouver dans des parcs en portant un œillet rouge en signe de reconnaissance. Plutôt délaissé en République fédérale d’Allemagne, ce symbole était très utilisé en République démocratique allemande, entre autres par les organisations de jeunesses.

Le 1er mai donne aussi lieu à des réjouissances en l’honneur du printemps selon le rite ancestral de l’arbre de mai, que l’on retrouve dans différentes régions d’Europe (on peut lire à ce propos un très joli poème de Victor Hugo). En certains endroits, comme à Stuttgart, les enfants profitent de la nuit précédant le 1er mai pour faire des farces d’une façon qui rappelle l’Halloween.

Aux Pays-Bas, le 1er mai reste ordinairement ouvré. Idem dans certains cantons de Suisse. Quelques entreprises et organisations internationales concèdent cependant à leur personnel un jour de congé en l’honneur de la fête des Travailleurs. À noter que le canton de Fribourg commémore le 1er mai… l’arrivée du printemps, avec chants et distribution de friandises ou argent de poche aux enfants.

En Israël, on ne chôme pas le 1er mai, bien que l’État juif ait été fondé par des militants socialistes.

Au Royaume-Uni, ce n’est pas le 1er mai qui est chômé mais le premier lundi de mai… ce qui permet aux salariés de bénéficier chaque année d’un week-end prolongé.

Même pragmatisme aux États-Unis et au Canada où la fête du Travail est célébrée le 1er lundi de septembre (les puissants syndicats nord-américains comme l’AFL-CIO n’ont pas voulu s’aligner sur les syndicats européens d’orientation socialiste).

Le 1er mai demeure tout de même célébré par certaines personnes en Amérique du Nord. En effet on distingue la fête du travail (1er lundi de septembre) et la fête des travailleurs et travailleuses(1er mai). Cette dernière étant vue comme une journée de la célébration de la classe ouvrière, alors que l’autre est considérée par plusieurs comme étant une tentative de récupération des luttes ouvrières. Par exemple, au Québec, les grandes centrales syndicales ainsi que quelques partis et organisations de gauche manifestent le 1er mai.

En Australie, quelques syndicats socialistes ou communistes défilent aussi à l’occasion du 1er mai. Mais la fête du Travail est officiellement commémorée à d’autres dates: le 4 mars en Australie occidentale, le 11 mars dans l’État de Victoria, le 6 mai dans le Queensland et le territoire du Nord, le 7 octobre à Canberra (la capitale), en Nouvelle-Galles du Sud (Sydney) et en Australie méridionale.

En bonne élève de l’Europe, l’Amérique latine -Brésil compris- commémore la fête du Travail en chômant le 1er mai. Mais, comme ailleurs, les défilés syndicaux ont largement cédé la place à des activités ludiques : pique-niques, football…

Au Mexique, dans l’État de Sinaloa, le 1er mai marque la fête de l’été avec la fin de la récolte des tomates et d’autres produits agricoles.

Au Paraguay, en 2002, le chef de l’État a tenté de remplacer le 1er mai par le premier lundi de mai (à la manière britannique). Mais l’opinion publique a rejeté cette réforme.

En Europe de l’Est, en Pologne et en Roumanie en particulier, le 1er mai est toujours chômé mais les défilés, qui étaient quasiment obligatoires sous le régime communiste, ne font plus recette.

Les Japonais ne célèbrent pas la fête du Travail mais la première semaine de mai, dite dorée, donne lieu à des festivités et des jours chômés.

Source : les abonnés de la lettre Histoires d’un jour

 « Labor Day »

Avec l’aimable contribution du professeur James Day

Aux États-Unis, le «Labor Day» (ou Jour du Travail) ne doit rien à la fameuse journée de 1886.

Il tire ses origines d’une grève des cheminots qui, en 1894, avaient voulu soutenir les ouvriers de l’entreprise Pullman, eux-mêmes en grève contre leur employeur.

Le président américain Grover Cleveland n’avait pas hésité à envoyer 12 000 hommes de troupe pour briser le mouvement et deux hommes furent tués au cours des affrontements, à Kensington, près de Chicago.

La grève fut déclarée terminée le 3 août 1894, les ouvriers de Pullman prenant même l’engagement de ne plus se syndiquer.

Les citoyens américains s’étant indignés des méthodes brutales du président Cleveland, leurs représentants de Washington réussirent à faire passer la proposition d’un jour chômé pour honorer les travailleurs.

Le président lui-même signa le projet de loi six jours à peine après l’intervention de l’armée, dans l’espoir de se faire réélire la même année… Mais cet espoir s’avéra vain.

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